Au Liban, Macron tente de préserver une influence française en recul
© Getty ImagesEmmanuel Macron a invité Joseph Aoun à Paris pour préparer une conférence internationale destinée à soutenir l’armée libanaise. L’initiative intervient alors que la France voit son influence reculer au profit des États-Unis, notamment dans les négociations sécuritaires avec Israël. Paris cherche ainsi à préserver un rôle majeur au Liban.
Emmanuel Macron cherche à maintenir la France au centre du jeu libanais. Le président français a invité son homologue Joseph Aoun à Paris début septembre pour une réunion préparatoire à la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, rapporte L’Orient-Le Jour. Paris entend ainsi accélérer la mobilisation internationale en faveur d’une institution considérée comme essentielle à la stabilisation du pays.
Cette initiative intervient pourtant dans un contexte de recul de l’influence diplomatique française au Liban, alors que Washington s’impose comme le principal médiateur dans les négociations sécuritaires entre Beyrouth et Israël.
La marginalisation française est particulièrement visible dans le dossier du désarmement du Hezbollah. L’accord négocié sous médiation américaine le 26 juin prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du Liban parallèlement à un désarmement « vérifié » des groupes armés non étatiques et au déploiement de l’armée libanaise.
La France mise de côté
Un mécanisme international doit justement permettre de vérifier les opérations menées par l’armée libanaise. Or, la France n’apparaît pas parmi les pays évoqués pour y participer. Selon Reuters, les discussions ont porté sur le Royaume-Uni, l’Italie, la Suisse et l’Indonésie, même si Beyrouth affirme qu’aucune liste définitive n’a encore été approuvée.
Selon L’Orient-Le Jour, Paris souhaitait pourtant participer à ce dispositif mais les États-Unis et Israël s’y sont opposés, ce qui illustre le recul de l'influence française dans un dossier où elle occupait historiquement une position privilégiée.
Face à cette mise à l’écart, Paris tente désormais de conserver un rôle central sur un autre volet : le soutien à l’armée libanaise. La conférence internationale voulue par Macron doit permettre de mobiliser des financements et des équipements pour renforcer une institution appelée à étendre son autorité sur le territoire et à accompagner le processus de désarmement.
La France conserve plusieurs leviers au Liban, notamment ses relations historiques avec les responsables politiques, sa coopération militaire et son engagement au sein de la FINUL. Mais sur les grands arbitrages sécuritaires, Washington apparaît désormais comme un interlocuteur incontournable, tandis que Paris cherche à préserver sa place dans une architecture régionale en pleine recomposition.