Renverser la République islamique ? «Mission impossible», assure le chef de la diplomatie iranienne
© Burak KaraAffirmant sa confiance dans les institutions de la République islamique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré le 1er mars sur Al Jazeera que Téhéran ne plierait pas face à l’agression américano-israélienne lancée le 28 février, qui a coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei.
« Si leur objectif est de changer le pouvoir, c’est mission impossible », a affirmé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, lors d’une interview à la chaîne qatarie Al-Jazeera, alors que l’Iran fait face à une attaque américano-israélienne depuis le 28 février.
Le ministre a insisté sur la résilience du système politique iranien : « La disparition du Guide suprême ne signifie ni la fin du pouvoir ni un bouleversement de notre ordre constitutionnel. Nos institutions sont stables et remplissent leurs missions conformément à la loi. » Il a précisé que « toutes les procédures [étaient] prévues pour assurer la continuité de l’État », soulignant que l’assemblée des experts — l’organe constitutionnel composé de 88 membres du clergé — « désignerait sans délai un nouveau Guide suprême en cas de vacance du pouvoir ».
« Notre système est suffisamment résilient pour surmonter les crises, quelles qu’elles soient. Les pertes parmi nos commandants militaires, aussi douloureuses soient-elles, ne paralysent pas notre appareil de défense : chaque responsable tombé est immédiatement remplacé », a-t-il martelé, répondant aux allégations israéliennes revendiquant « l’élimination de 40 hauts gradés ».
Un assassinat « sans précédent » condamné
L’ayatollah Ali Khamenei, qui avait succédé il y a trente-six ans à Rouhollah Khomeini en tant que Guide suprême de la Révolution islamique, a été tué dès le début de l’attaque américano-israélienne, lors d’une frappe contre un complexe gouvernemental.
Araghchi a qualifié cet acte de « violation flagrante du droit international ». « Cibler délibérément un chef d’État, qui incarnait aussi une autorité spirituelle pour des millions de musulmans dans le monde, marque un dangereux escalade », a-t-il dénoncé, ajoutant que cet événement « compliquera davantage les perspectives de résolution pacifique du conflit ».
Le ministre a rappelé l’engagement constant de l’Iran en faveur du dialogue : « Téhéran reste ouvert à la diplomatie, mais chaque attaque armée réduit cet espace. En juin dernier déjà, nos ennemis ont cru pouvoir nous faire capituler en quelques jours. Ils ont dû se résoudre à douze jours de combats acharnés pour comprendre notre détermination. »
En conclusion, Araghchi a fustigé « l’unilatéralisme américain », évoquant le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) — pourtant entériné par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU — « sans motif légitime, sapant des années d’efforts diplomatiques ».