Liban, Pakistan, Irak : colère à travers le monde chiite après l’assassinat de l’ayatollah Khamenei
© Haidar Mohammed Ali / AnadoluDe nombreux rassemblements ont eu lieu ce 1er mars à travers le monde chiite à la suite de l’annonce de la mort du guide suprême de la révolution islamique, tué dans l’attaque lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Au Pakistan, une tentative d’entrer dans le consulat américain à Karachi a mené à la mort d’une vingtaine de manifestants.
Plusieurs manifestations en soutien à la République islamique d’Iran ont eu lieu ce 1er mars, tant à Téhéran - où des milliers de personnes ont bravé les frappes américano-israéliennes pour pleurer leur guide suprême – qu’à travers le monde. Au Liban, une foule s’est rassemblée dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, où une période de deuil devrait être observée à compter du 2 mars, a rapporté le quotidien An Nahar.
⭕حشود في الضاحية الجنوبية لبيروت تضامناً مع إيران وتنديداً باغتيال خامنئي
— Annahar النهار (@Annahar) March 1, 2026
⭕إعلان الحداد العام في الضاحية الجنوبية غداً الاثنين وإقفال للمدارس والمحال والمهن pic.twitter.com/kzLnlJCwYv
En Inde, des rassemblements ont eu lieu à Lucknow, dans le nord du pays, ainsi qu’à Gulmarg et Srinagar, deux villes du Cachemire indien. « Il était bien plus qu’un dirigeant iranien. Comme vous pouvez le voir, tous ces gens sont ici parce qu’il était aussi leur chef », a confié Ahsan, un habitant, au sujet de l’ayatollah Khamenei. « Ce n’est pas simplement une perte, c’est un acte inhumain. Comment un pays situé à 8 000 kilomètres peut-il intervenir dans les affaires intérieures d’un pays souverain ? », a fustigé Arif Akhoon.
Au Pakistan voisin, de violents affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de sécurité dans la ville portuaire pakistanaise de Karachi, après que des centaines de manifestants ont tenté de prendre d'assaut le consulat des États-Unis, faisant au moins 10 morts et plus de 50 blessés. « Lorsque l’Iran est attaqué, nous avons le sentiment que notre foi, notre identité et notre existence même sont visées », a déclaré Asghar Jaffer, un étudiant chiite, cité par le New York Times.
Au nord du pays, la tension était également palpable à Lahore et l’armée a été déployée à Skardu après qu’une manifestation pro-iranienne a dégénéré. Plusieurs bureaux dont celui des Nations unies ont été incendiés à travers la ville. En Irak, où un deuil national de trois jours a été décrété, des manifestants ont notamment tenté de prendre d’assaut la Zone verte à Bagdad qui abrite l’ambassade américaine.
L’administration Trump doit « mettre fin immédiatement » à ce conflit
Des rassemblements contre ce énième conflit ouvert par les États-Unis ont également eu lieu dans des villes européennes dès le 28 février et le début des frappes menées conjointement avec Israël. « Nous subissons depuis plus de deux ans un génocide à Gaza, des attaques contre le Venezuela, Cuba, et maintenant l’Iran », a dénoncé une participante à un rassemblement à Madrid. « Plus rien n’est respecté. Ils envahissent des pays, enlèvent des présidents, imposent un blocus à Cuba comme si nous étions au Moyen Âge », a ajouté un autre manifestant.
« Nous sommes ici pour dire au gouvernement britannique, tout d’abord, de rester à l’écart. Et ensuite, à l’administration américaine, d’y mettre fin immédiatement », a déclaré depuis Londres John Rees, de l’association Stop the War Coalition. « Des négociations étaient encore en cours. L’Iran était toujours en pourparlers, alors pourquoi cela s’est-il produit ? Nous savons très bien pourquoi : une fois de plus, les Américains agissent pour le compte des Israéliens, et nous connaissons leur projet », a déclaré Richard, un participant à cette manifestation londonienne.
À Moscou, des habitants ont déposé des fleurs et des peluches devant un mémorial improvisé érigé devant l'ambassade d'Iran. « J’exprime mon soutien au peuple iranien, et je l’appelle à ne pas se décourager et à faire tout son possible, malgré cette agression d’Israël et des États-Unis, pour protéger ses enfants », a déclaré Dmitri, venu apporter son soutien aux Iraniens alors que les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran semblent appelés à perdurer et à « s’intensifier » à en croire les dernières déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.