Iran-États-Unis : des négociations sous tension entre ultimatum diplomatique et risque d’escalade
© Getty ImagesLes négociations de Genève avancent dans un climat de forte méfiance, mais sans rupture. Washington maintient une pression militaire et des exigences maximales, tandis que l’Iran privilégie un accord nucléaire progressif. Malgré les divergences, les deux parties veulent éviter une confrontation ouverte et poursuivent le dialogue.
Le nouveau round de discussions entre Américains et Iraniens à Genève s’est déroulé dans une atmosphère lourde, marquée par des positions rigides et parfois contradictoires. Les négociateurs ont prolongé les échanges jusqu’aux dernières heures, cherchant à éviter une rupture alors que Donald Trump a fixé un délai serré, début mars, pour arracher un accord. Entre espoir d’un compromis et crainte d’une confrontation militaire, ces pourparlers apparaissent comme une ultime tentative pour empêcher une crise majeure au Moyen-Orient.
La journée a alterné discussions indirectes, rencontres bilatérales entre l’émissaire américain Steve Witkoff et le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, puis échanges élargis avec le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Le passage à des contacts directs a illustré la profondeur des divergences. Washington a insisté sur la nécessité de concessions iraniennes, notamment concernant les missiles balistiques, tandis que Téhéran souhaitait limiter les discussions au nucléaire et à la levée des sanctions.
Vers de nouvelles négociations
L’Iran défend une approche progressive : un accord initial centré sur le nucléaire, accompagné d’un allègement concret des sanctions permettant le retour du pétrole iranien sur les marchés, la récupération d’avoirs gelés et la réintégration dans le système financier international.
Téhéran refuse toutefois le principe d’un « zéro enrichissement » et propose un enrichissement limité sous supervision internationale, ainsi qu’une réduction du niveau d’uranium déjà enrichi plutôt que son exportation. Sur les missiles, la République islamique exclut toute inspection mais évoque une limitation de leur portée, présentés comme strictement défensifs.
Face à cela, les États-Unis maintiennent des exigences élevées : arrêt de l’enrichissement, transfert des stocks d’uranium hors du pays et inclusion du programme balistique dans l’accord global. Washington refuse également de préciser la levée des sanctions sans compromis élargi. En parallèle, la pression militaire reste forte, avec treize navires de guerre américains déployés dans la région, dont deux porte-avions, rappelant que l’option militaire demeure envisagée.
Malgré ces tensions, les deux camps ont évoqué des « progrès significatifs ». Abbas Araghchi a qualifié les discussions des « plus intenses à ce jour », tandis qu’une nouvelle session pourrait se tenir rapidement après des réunions techniques prévues à Vienne. Derrière les lignes rouges affichées, chacun cherche un accord permettant d’éviter la guerre sans apparaître en position de faiblesse.