Israël juge les efforts de l’armée libanaise insuffisants et continue d'agiter la menace d'une opération
© Getty ImagesIsraël juge insuffisants les efforts de l’armée libanaise pour imposer le monopole des armes au sud du Litani. Tel-Aviv maintient la pression et évoque une possible escalade contre le Hezbollah, malgré des discussions en cours. Le Liban réclame un soutien international accru pour éviter une extension de la guerre et préserver sa stabilité.
Les efforts engagés par l’armée libanaise pour imposer le monopole des armes constituent « un bon début » mais « ne suffisent pas ». C’est en ces termes que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a réagi le 8 janvier à l’annonce par la troupe de l’achèvement de la première phase de son plan de désarmement au sud du Litani.
Dans la foulée, le Conseil des ministres libanais a autorisé la poursuite des opérations au nord du fleuve, chargeant l’armée d’élaborer un plan pour une deuxième phase. Israël, de son côté, durcit le ton : le ministère des Affaires étrangères affirme que le Hezbollah demeure militairement actif au sud du Litani, tandis que des fuites émanant de responsables israéliens des forces de sécurité évoquent la possibilité d’une escalade.
Les États-Unis donnent le feu vert à Israël
Rien, côté israélien, ne laisse entrevoir une inflexion conciliante. Le cabinet de Netanyahou a également tenu une réunion sur le dossier libanais, sur fond d’informations faisant état d’un feu vert de Donald Trump à une intensification des opérations contre le Hezbollah.
Tel Aviv remet ouvertement en cause la capacité de l’État libanais à imposer son autorité, laissant planer la menace d’une escalade préméditée destinée à imposer ses conditions à Beyrouth. Les États-Unis et Israël auraient notamment réclamé un calendrier précis pour le retrait des armes au nord du Litani. Si la formule adoptée par le gouvernement libanais n’en prévoit pas à ce stade, le plan que l’armée doit présenter en février devrait inclure des échéances, ainsi que des mesures pour empêcher l’acheminement et le transfert d’armes au Hezbollah.
Beyrouth a parallèlement fait savoir que son armée avait besoin d’un soutien militaire, financier et logistique accru pour mener à bien ce chantier. Cette demande devrait structurer les efforts diplomatiques visant à éviter une extension de la guerre, dans un contexte marqué par des visites attendues de responsables saoudiens, français et qataris, et par une possible relance du « Quintette » sur le Liban.
Selon des sources informées, Israël adopte une double approche : maintenir la pression militaire sur le Hezbollah tout en poursuivant les discussions avec l’État libanais et en épargnant ses infrastructures. Malgré la tension, le Hezbollah devrait éviter toute confrontation directe et coopérer avec l’armée, dans un contexte régional en pleine recomposition. Reste que les messages internationaux adressés à Beyrouth dépassent désormais la seule question sécuritaire : il s’agit aussi d’engager le Liban dans une dynamique régionale, sous peine d’isolement diplomatique et financier.