OTAN : l'Estonie préoccupée par la réduction de l'engagement militaire britannique

L'Estonie a exprimé son inquiétude face à la réduction des troupes britanniques sur son sol due aux difficultés financières de Londres, selon le Times. Ce retrait contraste avec les récentes déclarations de l'ancien Premier ministre du Royaume-Uni appelant l'Europe à renforcer ses dépenses militaires et jugeant légitimes les demandes américaines.
L'Estonie a exprimé une inquiétude croissante face à la diminution significative des forces militaires britanniques déployées sur son territoire. Selon des informations rapportées par le Times, le Royaume-Uni aurait réduit ses effectifs militaires en Estonie à environ mille hommes, malgré des promesses précédentes d'augmenter sa présence militaire. D'après le quotidien britannique, le nombre de militaires de la Grande-Bretagne présents en Estonie était passé de 1 650 à environ 1 000 actuellement, soit une réduction de 650 soldats depuis avril 2022.
Riho Terras, ancien commandant des forces de défense estoniennes et désormais député européen, a souligné que les difficultés financières de l'armée britannique étaient perçues comme graves par ses alliés. Il a indiqué que le Royaume-Uni ne semblait pas en mesure de réunir une brigade complète, généralement composée de 3 000 à 5 000 soldats, même pour participer aux exercices militaires prévus au printemps, notamment l'exercice «Hedgehog» [Hérisson] prévu en mai.
Boris Johnson : «Nous avons besoin que les États-Unis soient la puissance hégémonique du monde occidental»
Cette préoccupation exprimée par l'Estonie s'inscrit dans un débat plus large sur la nécessité d'un renforcement des efforts européens en matière de défense. Dans une tribune récente parue dans le Daily Mail, Boris Johnson, ancien Premier ministre britannique de 2019 à 2022, écrit que les États-Unis devraient demeurer la «puissance hégémonique du monde occidental» et le principal défenseur de la liberté et de la démocratie. Selon lui, l'idée d'un pilier européen de défense indépendant de l'OTAN était une illusion irréaliste, notamment en raison des rivalités internes européennes quant au leadership potentiel d'une telle structure.
En même temps, il souligne les différences importantes entre les modèles sociaux américain et européen, insistant sur les privilèges sociaux et protections des travailleurs européens, nettement supérieurs à ceux dont disposent les Américains. À titre d'exemple, il rappelle que les Européens bénéficient de congés payés annuels d'environ trente jours, alors que les travailleurs américains en ont en moyenne seulement dix à quinze. Le Royaume-Uni, précise-t-il, offre également des congés maladie payés, un congé maternité généreux et des protections importantes contre les licenciements abusifs, ainsi qu'un système de santé universel accessible gratuitement.
D'après Boris Johnson, cette disparité génère une irritation légitime aux États-Unis dont les contribuables financent une part disproportionnée de la défense européenne, avec un budget militaire avoisinant le trillion de dollars par an, soit plus de douze fois celui du Royaume-Uni. Il fait également remarquer que les États-Unis consacrent environ 3,5% de leur PIB à la défense contre seulement 2,3% pour le Royaume-Uni.
Pour l'ancien Premier ministre, la seule manière crédible de persuader les États-Unis de continuer à défendre l'Europe est que cette dernière fasse preuve de son propre engagement sérieux en matière de sécurité. Il appelle ainsi à une augmentation substantielle des dépenses militaires européennes, une réduction des impôts et une révision des politiques économiques afin d'encourager une croissance comparable à celle des États-Unis. Boris Johnson avertit dans son article que le temps où l'Europe pouvait compter sur la générosité américaine sans fournir un effort proportionnel touche à sa fin.