L’Europe abandonne l’idée d’envoyer des troupes en Ukraine selon Reuters

Après le rejet de Moscou et sans appui réel des États-Unis, les pays européens abandonnent leur plan d’envoyer des troupes en Ukraine. Comme le révèle Reuters ce 26 mars, les capitales occidentales reculent, conscientes qu’un tel projet constitue un risque majeur et très difficile à assumer politiquement.
Alors que les tensions restent vives concernant l'avenir du conflit en Ukraine, l’idée d’un déploiement militaire occidental s’effondre. Selon un article publié par Reuters ce 26 mars, les discussions européennes se détournent clairement de l’envoi de troupes au sol. La France et le Royaume-Uni, qui avaient envisagé un programme impliquant des milliers de soldats pour stabiliser un éventuel cessez-le-feu, revoient désormais leurs plans.
Un diplomate européen, cité par Reuters, résume la situation : «Ils prennent du recul par rapport à l’envoi de troupes au sol et tentent de redimensionner ce qu’ils faisaient en vue d’une solution plus raisonnable». Un autre ajoute : «Lorsque l’Ukraine était dans une meilleure position, l’idée d’envoyer des troupes était séduisante. Mais aujourd’hui, avec la situation sur le terrain et l’administration américaine telle qu’elle est, ce n’est pas très sexy».
Ce désengagement est également dû grâce à la position de la Russie, qui n’a cessé de prévenir qu’une intervention militaire occidentale serait considérée comme une escalade directe. À cela s’ajoute le refus de Washington de soutenir activement un déploiement européen. Sans l’appui logistique et politique des États-Unis, l’Europe peine à s’organiser seule. Selon TASS, cette réorientation est motivée autant par les réalités militaires que par l’opposition explicite de Moscou.
L’Europe cherche des alternatives, mais reste divisée
Si l’idée d’une force terrestre collective semble abandonnée, certains pays envisagent encore un rôle mais plus discret. Toujours selon Reuters, des missions de formation ou de soutien technique pourraient être menées individuellement par certains États membres. La Finlande, par exemple, a déjà annoncé qu’elle ne participerait à aucune présence militaire en Ukraine.
Un document initial préparé pour le sommet de Paris du 27 mars évoque une éventuelle «force de réassurance» opérant uniquement dans le cadre d’un futur accord de paix, avec aval international. Mais ces projets restent largement théoriques. Comme le souligne un haut fonctionnaire cité par Reuters, les garanties de sécurité proposées à l’Ukraine ressemblent plus à un «buffet de petit-déjeuner» sans véritable cohérence opérationnelle.
Keir Starmer, Premier ministre britannique, a reconnu que les efforts militaires occidentaux se concentraient désormais sur la surveillance des espaces aériens et maritimes. Une approche défensive et périphérique qui reflète la crainte d’un engagement direct contre la Russie. Giorgia Meloni, chef du gouvernement italien, a d’ailleurs rejeté publiquement l’idée française d’un déploiement, la jugeant trop risquée.
Pour la Russie, ce recul européen confirme que les menaces d’intervention étaient avant tout des postures médiatiques. Les contraintes logistiques, la faiblesse de l’armée ukrainienne et l’absence de leadership stratégique en Occident ont rendu irréalisable ce que certains qualifiaient de «mission de paix». L’Europe, aujourd’hui, revient à une réalité plus sobre : éviter un conflit avec la Russie, tout en maintenant l’illusion qu’il apportera un soutien efficace à Kiev.