Manifestation ce 24 octobre à Paris : les commerçants pris de court par le changement de parcours
© Luc Auffret/Anadolu Source: Gettyimages.ruAlors que de nouvelles exactions sont redoutées en France, une semaine après le fiasco sécuritaire du 17 octobre, syndicats, politiques et commerçants font part de leur colère et de leur incompréhension après un changement de parcours imposé à la dernière minute par la préfecture de police de Paris.
« Conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, le préfet de police a adapté sa décision et son dispositif à l’évolution de la menace », a déclaré ce 24 octobre sur le plateau de BFMTV la porte-parole de la préfecture de police de Paris, Hélène Denéchère.
« Trois objectifs sont recherchés : sécuriser les lieux de pouvoir […] sécuriser les manifestations déclarées et acceptées par la préfecture de police et […] détecter et empêcher les éventuels flux de pilleurs », a précisé la fonctionnaire alors que la veille, a été annoncé un changement d’itinéraire allant de la Porte de Vincennes et la Porte d’Italie en lieu et place du trajet entre Bastille et Nation validé plus tôt.
Un parcours initial validé « après deux longues réunions consacrées à la sécurisation du cortège et aux conditions nécessaires au bon déroulement d’une manifestation pacifique », avaient souligné dans la foulée les organisations de l’intersyndicale d’Île-de-France, fustigeant un parcours « imposé » et un « revirement de dernière minute » de la préfecture de police, qui à leurs yeux « fragilise les conditions de sécurité de la manifestation ». Syndicats qui, après le rejet de leur recours devant la justice administrative dans la matinée de ce 24 octobre, ont finalement accepté de défiler sur ce nouveau parcours.
Également mécontents : les commerçants situés sur le nouveau parcours et qui ont eu moins de 24 heures pour s’organiser. « On a été prévenu trop tard », regrette une boulangère auprès de BFMTV. « On a été prévenu à 18h. » Des commerçants « pris ce cours », a également constaté France Info, alors que dans les quartiers où le cortège était initialement attendu de nombreuses échoppes se sont barricadées au cours de la semaine.
« Il devient de plus en plus compliqué de manifester dans ce pays »
Même tonalité, concernant ces commerçants pris au dépourvu, du côté de politiques attendus ce 24 octobre à la manifestation parisienne, à l’instar de la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier qui s’inquiète également qu’ils puisse y avoir désormais plusieurs cortèges.
« Évidemment qu’il y aura des gens à Bastille, rendez-vous sur lequel nous avons toutes et tous communiqué très largement », a-t-elle alerté, interpellant Laurent Nuñez tout en appelant chacun à se rendre «où les organisateurs nous diront d’aller ». « Même moi je n’y comprends plus rien », a-t-elle lâché, estimant qu’« il devient de plus en plus compliqué de manifester dans ce pays ».
« En interdisant au dernier moment le premier parcours d’abord autorisé, [Sébastien] Lecornu cherche à désorganiser notre droit à manifester », a accusé sur X le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. « En se regroupant légalement Porte d’Italie, mettons en échec ses provocations », a-t-il ajouté.
Selon les chiffres officiels, près de 3 000 commerces à travers la France ont subi des dommages depuis le 17 octobre. Cette journée de mobilisation nationale contre la vie chère avait été marquée par des scènes de chaos et de pillages d’une ampleur inédite dans des centre-villes, dont ceux de Paris et Marseille. Images qui avaient rapidement fait le tour du monde.