Défaillances de la justice française : Retailleau veut créer «une cour disciplinaire de la magistrature»

Défaillances de la justice française : Retailleau veut créer «une cour disciplinaire de la magistrature»© Réseaux sociaux
Photo de Lyhanna, 11 ans, enlevée le 29 mai et retrouvée morte le 4 juin dans un silo agricole. [Photo d'illustration]
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Après l’émoi et l’indignation suscités par l’affaire Lyhanna, jeune fille de 11 ans enlevée et tué par un prédateur sexuel signalé à plusieurs reprises, le président des Républicains a proposé la création d’une cour notamment constituée de citoyens tirés au sort afin de sanctionner les magistrats défaillants, estimant «trop corporatiste» le CSM.

L’affaire de trop dans un pays qui, aux yeux de nombre de ses citoyens, ne serait plus capable de les protéger ?

Alors qu’une marche blanche est organisée ce 7 juin à Fleurance, dans le Gers, en hommage à la jeune Lyhanna, Bruno Retailleau a dénoncé dans les colonnes du Parisien un « abominable naufrage judiciaire » et appelé à une « révolution pénale », notamment en matière de sanction des magistrats.

Dans cet entretien publié le 6 juin, l’ancien ministre de l’Intérieur (2024–2025) et actuel candidat à l’élection présidentielle a proposé la création d’une « cour disciplinaire de la magistrature », estimant que l’actuel Conseil supérieur de la magistrature (CSM) serait « trop corporatiste dans sa composition ».

Ladite cour sera, par conséquent, composée de « magistrats et personnalités qualifiées », mais également d’un collège de citoyens tirés au sort, à l’instar des jurys d’assises, et « ne sera pas présidée par un magistrat, mais par l’un des autres membres, élu par ses pairs ». « Elle pourra être saisie par les citoyens, les supérieurs hiérarchiques des magistrats en cause ou le ministre de la Justice », a-t-il également précisé.

Une «défaillance systémique des institutions»

Lyhanna, âgée de 11 ans, a été porté disparu le 29 mai. Son corps sans vie a été retrouvé le 4 juin dans le silo d’une usine agricole. Le principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration. Celui-ci jouit d’un casier judiciaire vierge, malgré plusieurs dépôts de plainte et signalements à son encontre depuis 2017, notamment pour viol sur mineure. Un constat qui a provoqué une vague d’indignation à travers le pays, où certains dénoncent une « défaillance systémique des institutions ».

« On a failli dans le suivi des plaintes », a concédé le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, le 5 juin sur TF1, estimant que « l'institution judiciaire n'a pas su protéger » la fillette. Le ministre français de la Justice avait pourtant émis, en janvier dernier, une circulaire pénale priorisant les enfants victimes dans le traitement des plaintes, mais « visiblement, le ministre n'a pas été suivi », a estimé Bruno Retailleau.

« Désigner la faute des magistrats, c’est un comportement absolument irresponsable », a fustigé sur le plateau de BFMTV Robin Binsard, avocat pénaliste au barreau de Paris. Et d'évoquer une « situation connue et signalée » au tribunal d’Auch, renvoyant au « véritable appel à l’aide » envoyé par la procureure lors de la rentrée solennelle.

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