Gigafactories en France : un pari risqué pour lutter contre la domination chinoise

Gigafactories en France : un pari risqué pour lutter contre la domination chinoise© AAC
Vue aérienne de la gigafactory de la société ACC, à Billy-Berclau/Douvrin, inaugurée en mai 2023.
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En dépit de la faillite de Northvolt, une société suédoise de fabrication de batteries pour véhicules électriques, le secteur connaît une relative prospérité en France. En témoigne la construction de trois usines de fabrication de batteries pour véhicules électriques dans le nord du pays.

Quatre ans après le discours du président français, Emmanuel Macron, annonçant l'ambition de la France de produire deux millions de véhicules électriques et hybrides d'ici 2030, l'industrie de la fabrication de batteries connaît un essor important dans le nord de la France.

La Vallée des batteries en France

À Billy-Berclau/Douvrin dans les Hauts-de-France, la «Vallée des batteries», l'entreprise Automotive Cells Company (ACC) a installé sa gigafactory, qui s'étend sur 34 hectares et emploie plus de 600 personnes. L'entreprise a récemment livré ses premières batteries pour la Peugeot 3008.

Non loin de là, à Douai, l'entreprise sino-japonaise AESC-Envision a installé une usine sur un parking de l'usine Renault pour fabriquer les batteries des futures R5 électriques. Cette deuxième gigafactory dispose d'une capacité de 9 gigawattheures et prévoit de passer à 24 gigawattheures d'ici 2030.

Toujours dans le nord de la France, la start-up Verkor a choisi la ville de Dunkerque pour y construire sa gigafactory, la première à faible empreinte carbone de France. Elle s'étend sur 500 000 m² et sera capable de fournir des batteries électriques haute performance pour 300 000 véhicules par an. La sortie du premier véhicule équipé d'une batterie est prévue pour 2025, peut-on lire sur le site internet de l'entreprise.

Une industrie stratégique pour l'Europe

Dans un marché dominé par la Chine, où 83% des batteries mondiales sont fabriquées, l'Europe mise sur une politique d'investissements massifs pour rattraper son retard. Depuis 2020, plus de 60 milliards d'euros ont été investis dans cette industrie.

L'objectif des pays européens est d'assurer leur autonomie en matière de batteries électriques nécessaires pour l'industrie automobile, en pleine transition vers l'électrique. Un projet comme celui de la «Vallée des batteries» en France devrait générer 13 000 emplois directs et au moins le double d'emplois indirects, selon l'Aria, l'institution représentative des industriels locaux de l'automobile.

L'industrie de la batterie, un pari risqué

Cependant, la rentabilité des gigafactories reste incertaine. Selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) cité par l'AFP, ce type de projet est confronté à des coûts de production élevés, 50% plus chers qu'en Chine. À cela s'ajoutent la faiblesse de la chaîne d'approvisionnement en Europe et le manque de salariés qualifiés.

Le patron d'ACC, Yann Vincent, évoque la «vallée de la mort» pour décrire la longueur des tests que ces usines doivent effectuer avant de passer à la production en série. Cette phase peut durer plusieurs mois et génère des cellules de batterie inutilisables.

De son côté, Benoît Lemaignan, cofondateur de Verkor, estime que le soutien public à l'industrie en Europe reste insuffisant par rapport à ce qui a été fait en Asie et aux États-Unis. «Les petits milliards qui ont été mis sur la table pour construire une industrie de la batterie en Europe ne sont pas à la hauteur», assure-t-il.

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