Le ministre français de l’Économie fustige la taxe automobile de Donald Trump et agite la menace de représailles européennes

Éric Lombard s’est exprimé jeudi 27 mars au micro de France Inter pour réagir à l’annonce des nouveaux droits de douane américains sur les voitures étrangères. Une décision jugée «très mauvaise» et qui pourrait entraîner une riposte de l’Union européenne.
Le ministre français de l’Économie Éric Lombard a vivement réagi ce 27 mars sur France Inter à la dernière annonce de Donald Trump : l’imposition de 25% de droits de douane supplémentaires sur les véhicules fabriqués hors des États-Unis. Cette mesure, qu’il a qualifiée de «très mauvaise nouvelle» et «d'acte non coopératif», entrera en vigueur le 2 avril.
«Nous avons une situation de guerre sur notre continent et notre grand allié américain change complètement de politique économique de façon très agressive», a dénoncé Éric Lombard. Il appelle à mettre fin à ce qu’il qualifie de «guerre des tarifs douaniers», rappelant que ces nouvelles taxes nuisent aussi bien à l’économie américaine qu’à celle de l’Europe.
Vers une riposte européenne coordonnée
Selon France Info, le ministre a souligné que «la seule solution pour l’Union européenne va être à son tour d’augmenter les tarifs douaniers envers les produits américains». Une riposte est d’ores et déjà en préparation à Bruxelles, avec une liste de produits ciblés en cours d’élaboration, comme l’a confirmé Lombard à plusieurs reprises.
Invité sur France Inter, Éric Lombard a résumé la situation de manière tranchée : «Soit on se laisse faire, soit on riposte». Pour lui, il s’agit d’une agression économique qui impose une réponse coordonnée de l’UE. La Commission européenne a d’ailleurs décidé de reporter l’application des contre-mesures à la mi-avril, dans l’espoir d’ouvrir un dialogue avec Washington.
Le ministre français insiste toutefois sur la nécessité d’un équilibre : «Nous voulons rééquilibrer le jeu, de sorte que les Américains soient contraints de négocier avec nous pour baisser les tarifs». Il évoque également la gravité du moment, face à une politique américaine qu’il juge «brutale» et «déstabilisante».
Des répercussions immédiates sur les marchés
L’impact ne se limite pas aux discours politiques. Comme le rapporte France 24, la Bourse de Paris a ouvert en baisse après les annonces américaines. Les grands constructeurs automobiles européens comme BMW, Mercedes, Porsche ou Stellantis ont tous enregistré des reculs significatifs, parfois supérieurs à 5%. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a jugé ces droits de douane néfastes, y compris pour les fabricants américains.
Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, a appelé l’Union européenne à une «réponse ferme», tandis que le Royaume-Uni, plus modéré, a déclaré ne pas vouloir «intensifier ces guerres commerciales».
De son côté, Donald Trump assume sa ligne dure. «Nous allons faire payer les pays qui prennent notre richesse», a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche, cité par France 24. Le président américain prépare déjà d’autres mesures tarifaires, annoncées pour le 2 avril.
Dans ce climat de tensions croissantes, Éric Lombard espère encore un retour au dialogue avant mi-avril. Mais il prévient : «Malheureusement, c’est la réalité des règles imposées par les Américains.»