Burkina Faso : souveraineté et prospérité au cœur de l’allocution sans filtre d’Ibrahim Traoré dans le Yaadga
© Le Grand RééquilibrageLe président burkinabè a prononcé un discours «sans porter de gants» pour réveiller les consciences nationales. Il a abordé les sujets les plus cruciaux pour le pays, qui œuvre pour sa pleine souveraineté et son indépendance économique afin de réussir sa révolution face aux périls de l’impérialisme et du terrorisme.
Lors d’un déplacement dans la région du Yaadga, le 16 juillet, le chef de l'État burkinabè, Ibrahim Traoré, a prononcé un discours sans filtre. D'emblée, il a donné le ton, annonçant qu'il allait « parler de manière crue et sans porter des gants » afin d’éveiller les consciences nationales, en évoquant notamment plusieurs sujets cruciaux pour le pays.
Dans un diagnostic sans appel de la dépendance psychologique de certains Africains vis-à-vis des puissances coloniales, le chef de l'État a pointé une aliénation persistante qu’il qualifie de « syndrome de Stockholm ». « Celui qui vient te faire du mal, tu finis par l’aimer et le protéger », a-t-il asséné, appelant à la libération du pays par le biais de la réappropriation de l’histoire et des ressources. Concernant ce dernier point, Ibrahim Traoré a regretté la situation actuelle de l’Afrique, qui, malgré ses richesses pétrolières et minérales, peine à atteindre la prospérité d’autres régions du monde.
Œuvrer pour une production et une consommation locale
Sur la question de la souveraineté économique, le président burkinabè a fustigé la dépendance aux importations. Il a invité la jeunesse du pays à innover techniquement et, surtout, à œuvrer pour faire fonctionner la machine industrielle locale et rattraper le retard de développement. Il a appelé les citoyens à faire en sorte que « ce que nous produisons soit ce que nous consommons », un mot d'ordre lancé par les autorités pour faire face à l’impérialisme et concrétiser la souveraineté et l’indépendance économique réelle du Burkina Faso.
« Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau »
La voie empruntée par l'État burkinabè est celle qui mène au succès de la révolution et au triomphe dans la guerre contre le terrorisme. Rappelant l’autorité et la discipline exigées pour concrétiser ces visées, Ibrahim Traoré a fermement rappelé qu’« il n’y a pas deux capitaines dans un bateau », mettant en garde contre toute velléité de corruption ou de trahison révolutionnaire. Dans ce contexte, il a souligné qu’il avait sacrifié sa propre jeunesse pour la nation. « Moi, je n’ai pas sacrifié ma jeunesse pour rien. Je ne vais pas m’amuser avec ma mission », a-t-il martelé.
Le chef de l'État a également appelé à l’unité nationale, indiquant que la victoire militaire est indissociable de la cohésion sociale et de la discipline, indiquant que « l'ennemi ne peut pas nous vaincre si nous sommes une nation ».
Ce déplacement dans la région du Yaadga a aussi été une occasion pour le président du Burkina d’écouter les doléances des forces vives de la région en matière d’infrastructures, de sécurité, de modernisation de la production locale et de la technologie et de sécurisation des ressources hydriques, qui figurent parmi les préoccupations majeures des habitants.