Énergie, santé, éducation : Moscou élargit son partenariat avec le Burundi

Réunis ce 10 juillet lors d'une conférence de presse, les ministres Sergueï Lavrov et Édouard Bizimana, ont présenté les orientations du partenariat russo-burundais. Projets énergétiques, formation, santé et coopération économique ont dominé les annonces, sur fond de discussions consacrées également aux crises qui traversent l'Afrique.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue burundais, Édouard Bizimana, ont présenté ce 10 juillet les résultats de leurs négociations lors d'une conférence de presse conjointe. Ils ont notamment annoncé plusieurs mesures visant à approfondir la coopération commerciale, économique et en matière d'investissements entre la Russie et le Burundi.
Les questions énergétiques ont figuré parmi les principaux sujets abordés. Le Burundi espère notamment bénéficier de l'expertise technique russe dans le développement de petites centrales nucléaires, tandis que des entreprises russes envisagent également de participer à des projets hydroélectriques dans le pays. Sergueï Lavrov a précisé que cette coopération avait déjà commencé à prendre forme : « Nous avons examiné toute une série de projets concrets que les entreprises russes sont prêtes à mettre en œuvre au Burundi, en particulier dans les domaines de l’hydroélectricité et de l’énergie nucléaire. En ce qui concerne l’énergie nucléaire, le travail est déjà en cours, le personnel est en formation, nos amis se montrent intéressés par les petits réacteurs modulaires, et Rosatom a déjà signé avec ses partenaires un document fondateur qui sert de base pour cette coopération ».
L'éducation et les échanges entre les jeunes
Le chef de la diplomatie russe a souligné que le Burundi appréciait les possibilités de formation proposées par la Russie, aussi bien dans les filières civiles que militaires. Il a rappelé que des ressortissants burundais étudiaient également dans les établissements relevant du ministère russe des Situations d'urgence. Selon lui, la Russie est prête à augmenter le nombre de bourses accordées au Burundi si ses partenaires en expriment le besoin.
Il a ajouté que les perspectives de coopération entre les deux pays dans le domaine de l'éducation restaient importantes et a invité les étudiants intéressés à se rapprocher des autorités burundaises chargées de la répartition des bourses accordées par la Fédération de Russie.
Sergueï Lavrov a également insisté sur l'importance des échanges entre les jeunes, au-delà de la seule coopération universitaire. Il a ainsi invité une délégation burundaise à participer au prochain Festival mondial de la jeunesse, prévu en septembre à Ekatérinbourg.
Moscou prête à produire un vaccin contre une nouvelle souche d'Ebola
La question de la coopération sanitaire a également été abordée lors de la conférence de presse. Sergueï Lavrov a annoncé que la Russie était prête à produire en série un vaccin contre une nouvelle souche du virus Ebola, qui a touché plusieurs pays africains.
Selon le ministre russe, des spécialistes dépêchés sur place ont mené les travaux nécessaires et identifié les systèmes de dépistage permettant de détecter précisément cette souche. La Russie serait désormais en mesure de lancer la production du vaccin à grande échelle.
La Russie dénonce les ingérences extérieures en Afrique
Au cours de la conférence de presse, Sergueï Lavrov a également accusé Kiev de chercher à créer des difficultés aux pays africains entretenant des relations amicales avec la Russie, notamment en s'impliquant dans différents conflits sur le continent et en s'opposant aux gouvernements légitimes.
« Nous avons tous le sentiment que les situations de crise sur le continent doivent être résolues selon le principe : "problèmes africains, solutions africaines". Le président burundais l’a clairement réaffirmé aujourd’hui. Nous partageons pleinement cette position et considérons que les tentatives extérieures visant à imposer des solutions ne font que compliquer la situation sans la résoudre. Nous observons des exemples d’ingérence flagrante de l’extérieur dans les affaires africaines, notamment dans le cas de la République démocratique du Congo, où le gouvernement légitime, avec le soutien du Burundi, lutte contre l’agression dont il est victime de la part du Mouvement du 23 mars, soutenu par des acteurs étrangers, parmi lesquels figurent les Ukrainiens », a-t-il constaté.