RDC : le paludisme pourrait tuer plus que l’Ebola dans les zones touchées

RDC : le paludisme pourrait tuer plus que l’Ebola dans les zones touchées© Moses Sawasawa Source: AP
Des membres du personnel médical transportent un patient atteint d'Ebola vers un centre de traitement à Rwampara, en RDC, le 21 mai 2026. [Photo d'archives]
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Dans les zones touchées par l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, les autorités sanitaires alertent sur une menace parallèle : le paludisme pourrait provoquer autant, voire plus de décès que le virus, sur fond de système de santé fragilisé et de populations qui évitent les centres de soins.

Les autorités sanitaires et plusieurs organisations humanitaires alertent sur une aggravation des risques sanitaires dans les zones de l’est de la République démocratique du Congo frappées par l’épidémie d’Ebola. Le paludisme et d’autres maladies pourraient, selon elles, être aussi meurtriers que le virus lui-même.

La pression exercée sur le système de santé, déjà fragilisé par des années de conflits et de difficultés logistiques, entraîne une désorganisation des soins. De nombreux patients présentant des symptômes évitent les structures médicales par crainte de contamination ou de décès dans les centres de traitement, ce qui retarde les diagnostics et aggrave les cas.

« Comme lors de presque toutes les épidémies d’Ebola, il est probable que plus de personnes meurent du paludisme que d’Ebola pendant cette crise », estime le directeur de l'ONG Malaria No More, Bill Steiger.

Un paludisme très répandu et sous-estimé

Le paludisme reste endémique en RDC, où des dizaines de millions de cas et des dizaines de milliers de décès sont recensés chaque année. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le pays figure parmi les plus touchés au monde, derrière le Nigeria.

Dans les provinces de l’est, où l’épidémie d’Ebola de type Bundibugyo est active, la situation est aggravée par des failles structurelles. Des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées ont été annulées pour des raisons de sécurité, notamment dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, laissant une large partie de la population sans protection efficace.

Les acteurs humanitaires évoquent déjà des signaux de hausse des cas de paludisme dans les zones concernées. Toutefois, une partie de cette augmentation pourrait être liée aux difficultés de diagnostic : les équipes médicales, par précaution face au risque Ebola, traitent parfois des cas suspects sans tests, les deux maladies partageant des symptômes initiaux similaires, notamment la fièvre.

Des stocks d’antipaludiques sont actuellement acheminés par les autorités congolaises, des ONG et des partenaires internationaux, tandis que des campagnes de distribution de masse sont envisagées dans certaines zones pour réduire rapidement la charge de la maladie.

Des malades qui renoncent aux soins

Sur le terrain, les équipes médicales décrivent une situation préoccupante. Dans certaines zones, une part importante des malades ne consulterait pas, par peur des structures de santé. « Environ la moitié des personnes présentant des symptômes pourraient ne pas se faire soigner », estime le Dr Aimé Mbonda.

Cette réticence entraîne une hausse des cas graves et des décès à domicile. Les soignants rapportent également des difficultés à convaincre les populations de se faire tester ou traiter.

Les organisations humanitaires reconnaissent que les besoins financiers restent largement supérieurs aux ressources disponibles. Les fonds mobilisés pour la réponse Ebola sont jugés insuffisants face à l’ampleur de la crise sanitaire globale.

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