La CEDEAO précise les traits de sa «force en attente» pour la lutte contre le terrorisme et l'insécurité

La CEDEAO précise les traits de sa «force en attente» pour la lutte contre le terrorisme et l'insécurité© X / TRUST Magazine
Les chefs d’état-major de la CEDEAO lors de leur réunion à Freetown, en Sierra Leone.
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Les chefs d'état-major des États membres de la CEDEAO ont défini la structure de la force d'intervention qui devra assurer la lutte coordonnée contre le terrorisme et l'insécurité dans la sous-région grâce à un contingent initial de 2 000 soldats.

Réunis pendant trois jours à Freetown, en Sierra Leone, les chefs d'état-major des 12 États membres de la CEDEAO ont défini, le 27 février, la structure d'un futur dispositif militaire d'intervention rapide, destiné à la lutte contre le terrorisme et l'insécurité dans la sous-région, a rapporté la presse africaine ce 28 février. La disposition initiale de ce contingent prévoit 2 000 soldats prêts à être mobilisés au sein de la CEDEAO. Tout en étant intégrés au dispositif commun, les militaires de cette force seront stationnés dans leurs pays respectifs au lieu d’être basés en permanence hors de leurs frontières nationales. Ils pourront être déployés dans le cadre d’opérations conjointes sous coordination régionale.

Logistique et financement

Les chefs d'état-major de la CEDEAO ont convenu d’installer un dépôt logistique partagé à Freetown, la capitale de la Sierra Leone. Son président, Julius Maada Bio, assure actuellement la présidence tournante de l'organisation régionale. Cette nouvelle structure devrait assurer un rôle de ravitaillement et de coordination matérielle pour les unités sur le terrain et faciliter la mise à disposition rapide de moyens selon les impératifs opérationnels.

Le volet du financement a été au cœur des discussions des chefs d'état-major, qui ont privilégié, dans un souci d’autonomie budgétaire, de puiser dans les ressources locales des pays membres afin de couvrir les besoins financiers de la nouvelle force. À ce propos, l’un des participants aux discussions a déclaré à RFI qu'« il n’est pas normal que, pour assurer notre sécurité, l’argent vienne totalement d’Europe ».

Le fait d’opter pour une force légère et nationalement stationnée est né d’une volonté de réduire les coûts inhérents aux déploiements permanents. Cette disposition présente aussi l’avantage de l’adaptabilité en permettant d’augmenter la puissance de cette force de manière concertée entre les pays membres si la situation l’exige.

Préconisation de coordination avec l’AES pour réduire la menace terroriste

La création de cette force par la CEDEAO répond à une situation de plus en plus urgente concernant la montée en puissance et l’expansion des opérations des groupes terroristes vers les pays côtiers en Afrique de l’Ouest. Cette menace, qui était surtout concentrée dans les pays du Sahel, a fait naître l’idée d’une éventuelle coopération technique, suggérée par des chefs militaires, avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, afin d’endiguer le déplacement de la menace sécuritaire.

Selon plusieurs médias africains, les chefs militaires de la CEDEAO se sont fixés l’objectif de mener les premières opérations conjointes de cette force ouest-africaine au cours des prochains mois avec l’ambition d’endiguer la menace terroriste, de mettre un terme à l’insécurité et de contribuer à la préservation de la démocratie en Afrique de l’Ouest.

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