Afrique de l’Ouest : plus de 52 millions de personnes menacées par l’insécurité alimentaire aiguë, selon la FAO

Afrique de l’Ouest : plus de 52 millions de personnes menacées par l’insécurité alimentaire aiguë, selon la FAO© Giorgio Cosulich de Pecine Source: Gettyimages.ru
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La combinaison de plusieurs facteurs, incluant les conflits, les chocs climatiques et la baisse des financements, pourrait élargir la menace de l’insécurité alimentaire aiguë à des millions d'Africains de l’Ouest vers la mi-2026, d’après une analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Une analyse du Cadre harmonisé (2025), publiée le 26 janvier par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a indiqué que « 41,8 millions de personnes se trouvent actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë » en Afrique de l’Ouest et au Sahel. L’organisation onusienne a aussi alerté que « sans action urgente, ce chiffre pourrait atteindre 52,8 millions durant la période de soudure de juin à août 2026 ».

Parmi les pays les plus affectés cités par l’analyse de la FAO figurent le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, le Niger, la Guinée, le Mali, le Ghana et la Sierra Leone.

Une crise alimentaire et nutritionnelle multifactorielle

L’analyse de la FAO, qui a eu lieu dans 15 pays de la région et au Cameroun, pointe le rôle des conflits, des chocs climatiques, de la hausse des prix des denrées alimentaires et de la baisse des financements humanitaires, qui sont autant de facteurs fragilisant gravement les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables.

Selon le chef de l'équipe sous-régionale pour la résilience en Afrique de l’Ouest (REOWA) de la FAO, Koffy Dominique Kouacou, « la crise alimentaire résulte d’une combinaison de facteurs qui se renforcent mutuellement. L’insécurité persistante — notamment dans le bassin du lac Tchad, le Liptako Gourma, les régions anglophones du Cameroun ainsi qu’au nord-ouest et au centre du Nigeria — limite l’accès aux terres agricoles et aux marchés ».

Les chocs climatiques qui affectent les rendements, la pression économique liée à l’inflation et à la hausse des coûts des intrants, ainsi qu’une baisse des financements compromettant la couverture des besoins prioritaires et les efforts de prévention, comptent aussi parmi les causes directes de la crise, selon le responsable de la FAO.

Situation critique et risques de catastrophe

D’après la FAO, près de 41,8 millions de personnes étaient classées en phase crise ou pire (phases 3 à 5). Ce chiffre inclut plus de 1,4 million de personnes en phase urgence (phase 4), réparties au Nigeria, au Cameroun, au Tchad, au Ghana, en Guinée, au Mali, au Niger, au Sénégal et dans plusieurs autres pays de la région. Si l’organisation n’a fait état d’aucune zone en phase catastrophe (phase 5), elle a cependant fait part de projections préoccupantes.

Alertant contre une hausse des personnes affectées par une insécurité alimentaire aiguë dans les prochains mois, la FAO a aussi indiqué que, dans « certaines zones très localisées, notamment dans l’État de Borno au Nigeria (Dikwa, Kaga et Kalabalge), plus de 15 000 personnes risquent de basculer en situation de catastrophe alimentaire (phase 5) ».

Appel à une mobilisation immédiate

Face à une situation qualifiée de « gravissime » par la coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, Bintia Stephen-Tchicaya, l’organisation a lancé un appel aux gouvernements et aux partenaires afin de renforcer immédiatement les réponses, soutenir la production vivrière, protéger les moyens de subsistance et accroître les investissements dans la résilience des communautés.

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