Afrique du Sud : Ramaphosa envisage un déploiement de l’armée contre la violence des gangs
© Brenton Geach/Gallo Source: Gettyimages.ruAlors que les appels se multiplient pour faire intervenir l’armée dans les zones en proie à la violence des gangs, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a confirmé que cette option était à l’étude. Celui-ci plaide toutefois pour leur déploiement en soutien aux forces de police, au regard des règles d’engagement des soldats.
Face à la flambée des crimes commis par les bandes armées dans le pays, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré que le gouvernement envisageait de déployer l'armée dans les foyers de violence. « Un appel a été passé pour déployer l'armée », a-t-il indiqué aux journalistes le 24 janvier, au sortir du lekgotla (réunion politique, ndlr.) du Comité exécutif national du Congrès national africain, le parti au pouvoir depuis 1994 et la fin de l’Apartheid.
Ramaphosa a néanmoins averti que des militaires ne constituaient pas « une force de police », soulignant la différence entre leurs règles d’engagement et celles des forces de l’ordre. « Ils n’enquêtent pas », a-t-il insisté, « quand ils voient des gens faire quelque chose de mal, ils les perçoivent comme des ennemis et ils tirent pour tuer ».
Soulignant le besoin d’« équilibrer » cet éventuel déploiement, le président sud-africain a mis en avant la « combinaison multidisciplinaire » des forces dont dispose le pays afin de répondre à ces troubles sécuritaires et ainsi faire intervenir l’armée « en soutien à la police ».
Violence des gangs : une crise endémique
La violence, notamment des gangs, est un problème endémique en Afrique du Sud, tant et si bien que les appels se multiplient afin que les autorités instaurent un régime d’exception dans les zones les plus touchées, en particulier la province du Cap-Occidental.
Dans les seuls Cape Flats, au moins 26 meurtres en lien avec les gangs ont été recensés au cours des journées du 18 et 19 janvier. Fin décembre, une fusillade dans un bar clandestin dans un township au sud-ouest de Johannesbourg faisait neuf morts et dix blessés. Deux semaines plus tôt, un événement similaire dans un bar clandestin à Saulsville, près de Pretoria, avait fait douze morts, dont un enfant de 3 ans.
« Je ne crois pas que nous soyons actuellement en mesure de vaincre ces gangs », avait déclaré à la presse le ministre de la Police par intérim, Firoz Cachalia, le 21 janvier.
Un déploiement de l’armée, afin d’endiguer la violence, ne serait pas une première en Afrique du Sud. À l’été 2019, Cyril Ramaphosa avait autorisé le déploiement de plusieurs centaines de soldats, en renfort de la police, dans des quartiers sensibles du Cap.