Le retrait bancaire français au Maroc : symbole d’un déclin d’influence

Le retrait bancaire français au Maroc : symbole d’un déclin d’influence© Pascal Sittler/REA
Société Générale comptait environ 4 000 employés au Maroc en 2024.
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Les banques françaises se retirent du marché marocain, marquant un recul stratégique face à des institutions locales en plein essor. Le désengagement de Crédit du Maroc et de Société Générale Maroc illustre la perte d’influence des groupes français dans un secteur désormais dominé par des acteurs marocains, modernes et mieux enracinés.

Le début de l’année 2024 a confirmé une évolution déjà amorcée depuis plusieurs années : le retrait progressif des banques françaises du Maroc. Crédit Agricole a vendu Crédit du Maroc au groupe Holmarcom, tandis que Société Générale Maroc a été reprise par Moulay Hafid Elalamy pour un montant de 745 millions d’euros, comme le rapporte Le360.

Ces cessions actent la fin d’une époque où les groupes bancaires français occupaient une place stratégique dans l’économie marocaine. Ce mouvement s’inscrit dans un processus plus large de réappropriation locale des leviers économiques. Selon Maroc Diplomatie, cette reconfiguration du secteur bancaire reflète une montée en puissance continue des institutions marocaines, dans un contexte de perte d’influence croissante des acteurs étrangers.

L’érosion d’un modèle dépassé

Pendant des décennies, les banques françaises accompagnaient essentiellement les investisseurs français installés au Maroc. Mais la diversification de l’économie marocaine et l’ouverture à de nouveaux marchés ont changé la donne. Ce modèle, hérité d’une relation déséquilibrée, a montré ses limites face à la transformation structurelle du pays. Comme le rappelle Le360, les banques marocaines, telles qu’Attijariwafa Bank, Banque Populaire ou Bank of Africa, ont su s’imposer grâce à des acquisitions ciblées et une stratégie d’expansion bien pensée.

À l’inverse, les banques françaises ont souffert d’une gouvernance centralisée à Paris, incapable de réagir efficacement aux réalités locales. Selon Finance News Maroc, cette rigidité a pesé sur leur compétitivité, aggravée par les politiques de «cash pooling» qui réorientaient les ressources financières vers la maison mère. Ces pratiques ont réduit leur capacité d’investissement direct au Maroc.

Selon Bank Al-Maghrib, les banques marocaines à capital privé ont vu leurs parts de marché atteindre 67,2% pour les actifs, 68,7% pour les dépôts et 66,2% pour les crédits en 2023, soit une progression sur tous les fronts. En comparaison, les parts des banques à capitaux étrangers, notamment françaises, ont reculé, perdant jusqu’à 0,9 point dans certains segments clés.

Un repositionnement stratégique du Maroc

La reprise de ces établissements par des groupes marocains marque un basculement. D’après Observ’Algérie, il s’agit d’un mouvement de fond où les centres de décision sont désormais entre les mains d’acteurs nationaux, rompant avec une logique ancienne de dépendance aux institutions étrangères. Cette tendance est d’autant plus significative qu’elle intervient dans un contexte de sortie progressive des grandes entreprises françaises du pays.

Aujourd’hui, seule la BMCI, filiale de BNP Paribas, reste active. Le reste du secteur bancaire est passé sous pavillon marocain. Comme l’indique Bladi.net, cette transformation représente bien plus qu’un simple changement de propriétaires. Elle incarne la volonté du Maroc de reprendre le contrôle de ses secteurs stratégiques et de tourner la page d’un système où les intérêts français dominaient.

Pour Finances News Hebdo, ce glissement vers un secteur bancaire pleinement marocain est un signe clair du recul de l’influence française en Afrique du Nord, et plus globalement de l’affaiblissement d’un système de contrôle hérité d’une époque révolue.

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