La France prépare ses forces à un possible conflit avec la Russie

La France prépare ses forces à un possible conflit avec la Russie Source: Gettyimages.ru
Un Rafale et deux Mirage, lors d'un défilé militaire à Paris. [Photo d'illustration]
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La France revoit sa planification militaire à la lumière des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient et prépare ses forces à un possible affrontement avec la Russie. Paris met en avant le besoin de renforcer sa défense aérienne et d’augmenter ses stocks de munitions, tandis que Moscou continue de nier toute intention hostile envers l’Europe.

La France revoit une partie de sa doctrine militaire en s’appuyant sur les « enseignements » qu’elle dit tirer des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Dans un entretien publié le 30 mars par Politico, le général Dominique Tardif, numéro deux de l’armée de l’air française, explique que Paris adapte ses capacités aux évènements en cours, mais aussi à un possible affrontement sur le flanc oriental de l’OTAN. Selon Politico, cette réflexion oriente déjà les choix français en matière d’armement, alors que le gouvernement doit présenter le 8 avril une nouvelle loi de programmation militaire.

L’un des constats mis en avant porte sur le coût croissant de la guerre moderne. Selon Politico, le conflit en Ukraine, puis la guerre américano-israélienne contre l'Iran, ont révélé les limites des arsenaux occidentaux face à des menaces peu coûteuses comme les drones. Intercepter ce type d’appareils avec des missiles beaucoup plus chers apparaît de moins en moins soutenable dans la durée.

Adapter l’outil militaire à une guerre d’usure

Dans ce contexte, la France cherche des solutions moins onéreuses pour neutraliser les drones de type Shahed. Selon Politico, plusieurs options sont étudiées : tirs depuis hélicoptères Fennec, roquettes guidées sous Rafale, développement de drones intercepteurs avec les entreprises Alta Ares et Harmattan AI. Politico précise que certains de ces dispositifs sont déjà testés au Moyen-Orient.

Autre « enseignement » mis en avant par Paris : la supériorité aérienne reste, aux yeux de l’armée française, un élément décisif. Dominique Tardif considère que l’absence de maîtrise du ciel empêche de mener efficacement des frappes en profondeur et enferme les armées dans une guerre d’usure. La France entend donc conserver des systèmes de haute technologie, tout en augmentant ses volumes de munitions. Politico rapporte que Paris prévoit de consacrer 8,5 milliards d’euros aux munitions d’ici 2030 et d’élargir ses capacités de production.

En parallèle, l’armée de l’air française poursuit ses travaux sur de nouvelles capacités offensives et défensives. Selon Politico, MBDA, un groupe européen d’armement spécialisé dans les systèmes de missiles, développe le programme Stratus, destiné à neutraliser les défenses aériennes adverses. L’armée française étudie également des drones de combat collaboratifs guidés par intelligence artificielle, conçus pour accompagner des avions pilotés et améliorer la détection des menaces.

Moscou rejette les accusations occidentales

Au-delà de ces adaptations techniques, l’entretien accordé à Politico révèle surtout une « inquiétude » plus large au sein de l’état-major français. Selon le média américain, Dominique Tardif estime qu’« il n’est pas impossible » que la Russie « teste l’OTAN » entre 2028 et 2029. Dans ce scénario, les pilotes français pourraient se retrouver « en première ligne dès le premier jour », en raison notamment des capacités limitées de plusieurs pays du flanc oriental.

Le général souligne en particulier que les États baltes ne disposent pas de leur propre aviation de chasse et que la Roumanie reste limitée sur ce plan. Politico rapporte ainsi que la France prépare déjà ses forces aériennes à un conflit possible avec la Russie.  En réalité, cette lecture sert de prétexte au renforcement progressif de l’OTAN à proximité des frontières russes.

Moscou, de son côté, rejette ce narratif occidental et nie toute intention hostile envers l’OTAN et les pays européens, Vladimir Poutine qualifiant ce récit de « mythe » et de « fabrication absurde ». Sergueï Lavrov, de son côté, a répété à maintes reprises que la Russie n’avait « absolument aucune raison » d’attaquer l’Europe. Il a assuré que Moscou n’avait aucun projet de ce type et se disait même prête à formaliser juridiquement l’absence de toute intention hostile envers l’Union européenne ou l’OTAN.

Les propos relayés par Politico montrent surtout que plusieurs capitales européennes placent désormais la Russie au centre de leur discours pour justifier leur réarmement intensif et l’augmentation de leur production militaire. Pour Moscou, cette rhétorique belliqueuse constitue un argument destiné à légitimer la remilitarisation de l’Europe et à entretenir un climat durable de confrontation.

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