Le Rwanda pourrait tenter d'organiser un coup d'État en RDC, selon la Première ministre congolaise
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Judith Suminwa Tuluka a dénoncé le soutien rwandais aux rebelles du M23 qui ont repris leur offensive dans l'est de la RDC après l'échec de la médiation de l'Angola.
La Première ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka, a déclaré, ce vendredi 28 février, qu’il était possible que le Rwanda envisage de fomenter un coup d'État en République démocratique du Congo (RDC).
Dans une déclaration à l’agence de presse Sputnik, Judith Suminwa Tuluka a supposé que «peut-être dans cette folie hégémonique, ils voudraient aller jusqu'à cela [le coup d'État en RDC, NDLR], mais nous sommes prêts», a-t-elle prévenu.
La Première ministre a aussi ajouté : «Je pense que toute la population est avec nous, parce qu'elle comprend exactement ce qui se passe… Ce qui se passe en réalité, c'est qu'un pays voisin viole l'intégrité territoriale du pays pour avoir accès à ses ressources minières et surtout aux minerais stratégiques», faisant clairement référence au Rwanda.
Les concessions territoriales sont inacceptables
La Première ministre a totalement écarté l’idée de concessions territoriales de la part de la RDC pour résoudre le conflit qui l’oppose au Rwanda dans l’est du pays.
«Il est totalement inacceptable que la République démocratique du Congo fasse des concessions territoriales pour résoudre le conflit. Nous comptons sur l’intégrité de notre territoire et sur notre souveraineté», a affirmé Judith Suminwa Tuluka.
Elle a aussi évoqué la résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée à l’unanimité la semaine dernière, qui ordonne aux rebelles du M23 la cessation des hostilités en RDC et le retrait de leurs combattants du pays, tout en pointant directement le rôle du Rwanda qui soutient les forces rebelles. Pour la Première ministre congolaise, la prochaine étape serait d’imposer des sanctions au Rwanda conformément à cette résolution.
«Aujourd’hui, il est important que tous les États membres de l’ONU soutiennent individuellement cette résolution à travers des sanctions que chacun d’eux peut imposer pour forcer le pays agresseur à quitter la RDC», a appelé la Première ministre.
Les violences se poursuivent toujours à l’est de la RDC
La presse africaine a rapporté que des explosions et des coups de feu avaient eu lieu lors d’un rassemblement organisé par les chefs rebelles de l’Alliance Fleuve Congo (AFC, dont fait partie le M23), notamment son leader Corneille Nangaa, dans la ville récemment conquise de Bukavu, la deuxième plus grande ville de l'est de la RDC. Si le bilan des victimes demeure flou pour l’heure, le magazine Jeune Afrique a fait état d’au moins 13 morts et de plusieurs blessés.
D’autres sources de presse font état d’une nouvelle offensive des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, après l'échec de la médiation angolaise, en direction de la ville d’Uvira, la deuxième ville de la province du Sud-Kivu, qui compte une population d’au moins 700 000 habitants, située à moins de 30 km de la capitale économique du Burundi, Bujumbura.