La Russie pointée du doigt après la découverte d'un drone à Leipzig : «à Kiev, on célèbre le succès de l'opération», rapporte le renseignement russe
© Jens Schlueter Source: Gettyimages.ruDans un communiqué publié ce 24 août, le Service russe de renseignement extérieur a rapporté que Kiev «célèbre» et se «félicite» du suivisme d'une partie de la classe politico-médiatique allemande qui – sans attendre les résultats de l’enquête – a accusé la Russie après la découverte début août d’un drone à l'aéroport de Leipzig/Halle.
« Sans même attendre les résultats préliminaires de l'enquête, les hommes politiques allemands de tous rangs, suivis par les médias européens, ont rendu un verdict sans appel : "la main de Moscou" avait atteint une infrastructure aéroportuaire allemande essentielle », a souligné dans un communiqué paru ce 24 août le Service russe de renseignement extérieur (SVR), qui évoque des « informations reçues » par ses soins.
En toile de fond : la découverte d'un drone à proximité d'un avion de transport ukrainien, dans la nuit du 4 au 5 août, à l'aéroport allemand de Leipzig/Halle. Une infrastructure présentée dans les médias comme un « hub logistique clé pour l'Otan ». L'avion sans pilote avait été – comme le raconte Euronews – découvert « quatre heures après la collision » par un « chauffeur de bus aéroportuaire » qui lui a « marché dessus ». « Les explosifs se retrouveraient apparemment à une certaine distance », a précisé le média européen.
Dès que la découverte a été annoncée dans la presse, l'ambassadeur de Kiev en Allemagne n'avait pas perdu de temps pour accuser la Russie d'être derrière cette présomption d'attaque de drones perpétrée directement sur le sol d'un pays membre de l'OTAN. « Qui d'autre cela pourrait être à part la Russie ? » avait déclaré celui dont le pays a déjà tenté d'entraîner ses soutiens occidentaux dans son conflit avec la Russie.
Cette promptitude ukrainienne à blâmer la Russie n'est pas sans rappeler celle qu'avait eue le bureau de Zelensky dans la foulée du sabotage de Nord Stream en septembre 2022. Un épisode de terrorisme international qu'a d'ailleurs rappelé un SVR résigné : « pouvait-on s'attendre à un autre développement d'événements ? », peut-on lire dans son communiqué.
Soutien à Kiev : les Européens « stimulés » par cet épisode
Pour leur part, les autorités allemandes, notamment par la voix du ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, ont estimé que l'incident sécuritaire relevait d'« une nouvelle dimension de menace » pesant sur l'Allemagne, sans toutefois pointer un coupable du doigt. Une prudence, alors que la justice allemande semble resserrer l'étau autour de l'Ukraine dans l'affaire Nord Stream, ce qui a déplu à certaines voix dans les médias. D'autres personnalités, dans les médias allemands, n'avaient pas pris autant de pincettes, certaines allant jusqu'à appeler à une « riposte » contre la Russie.
« Kiev se félicite vivement de l'impact médiatique et politique de l'incident », a insisté le SVR, précisant que cet incident aurait « stimulé » les Européens, « les incitant à vider leurs dépôts militaires pour assurer la survie du régime de Kiev ».
Pour autant, le SVR semble garder foi en ses homologues allemands et « le professionnalisme qui les caractérise ». D'après le communiqué, « la présence d'une "piste ukrainienne" est sérieusement envisagée en coulisses » par les enquêteurs allemands. « La question demeure », a poursuivi le SVR, avant de conclure : « les autorités allemandes auront-elles le courage politique de reconnaître publiquement des conclusions impartiales ? »