Iran : les pays du Moyen-Orient intensifient leur diplomatie pour éviter une nouvelle guerre
© Getty ImagesLe Qatar, l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan multiplient les consultations pour éviter une reprise des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. Les discussions portent notamment sur la levée des sanctions, la sécurité régionale et la réouverture du détroit d'Ormuz. La région a les yeux rivés sur les élections du 3 novembre.
À la veille des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, les puissances du Moyen-Orient multiplient les initiatives diplomatiques pour empêcher une reprise des frappes israélo-américaines contre l’Iran. Alors que Washington et Tel Aviv étudient de nouvelles options militaires, les monarchies du Golfe redoutent un embrasement susceptible de menacer leurs infrastructures énergétiques et leur sécurité.
Le Qatar occupe une place centrale dans la médiation. Après plusieurs rencontres à Téhéran, des médiateurs qataris ont poursuivi dimanche 1er novembre, pour une troisième journée consécutive, leurs discussions avec des représentants iraniens à Doha. Les négociations portent notamment sur un accord provisoire susceptible de rouvrir le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Aucun compromis n’a toutefois été annoncé.
Une région qui redoute la reprise du conflit
L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont aussi intensifié leurs consultations. Le 26 octobre, leurs hauts responsables avaient effectué un déplacement exceptionnel à Téhéran pour favoriser une désescalade. Riyad, déjà confronté aux attaques des Houthis au Yémen, cherche particulièrement à éviter d’autres représailles iraniennes contre son territoire.
La mobilisation s’étend désormais aux Émirats arabes unis. Lors du Dialogue de Manama, à Bahreïn, Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président émirati, a estimé qu’une nouvelle intervention militaire ne permettrait pas de résoudre durablement la crise. L’Égypte a, de son côté, averti qu’une reprise des hostilités aurait des conséquences encore plus destructrices pour la région.
Malgré les démarches engagées, les divergences restent profondes. Téhéran exige notamment la levée du blocus maritime américain et un allègement des sanctions, tandis que Washington réclame des garanties sur le programme nucléaire iranien. Le président américain Donald Trump a exclu de nouvelles frappes avant le scrutin du 3 novembre, sans écarter une offensive ultérieure.
Pour les pays de la région, les prochains jours pourraient donc être décisifs. Leur objectif est d’arracher un compromis diplomatique avant que les préparatifs militaires ne débouchent sur une nouvelle confrontation.