Syrie, Gaza, Liban : Israël grappille du terrain sur tous les fronts
© Getty ImagesIsraël semble privilégier une stratégie de contrôle territorial et d’action simultanée sur plusieurs fronts régionaux. Le gouvernement présente cette doctrine comme une réponse sécuritaire au choc du 7 octobre 2023. Des observateurs estiment que cette orientation pourrait dépasser le seul mandat de Benjamin Netanyahou.
Lorsque le chef d’état-major israélien Eyal Zamir affirmait fin avril que 2026 serait probablement « une nouvelle année de combats sur tous les fronts », il donnait une indication claire de l’évolution stratégique engagée par Israël depuis les attaques du 7 octobre 2023. Aux yeux d’une partie de l’appareil sécuritaire israélien, le retour au statu quo antérieur n’apparaît plus comme une option suffisante.
Depuis plusieurs mois, cette approche se traduit par une intensification des opérations sur plusieurs théâtres simultanément. Au Liban, les frappes dans le Sud et les tensions avec le Hezbollah se poursuivent malgré les discussions autour d’un cessez-le-feu. À Gaza, où une phase de trêve était censée réduire les combats, les opérations militaires restent actives. Plus au nord, dans le sud de la Syrie, les incursions militaires israéliennes se multiplient également.
La même doctrine avec ou sans Netanyahou
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a récemment affirmé que les forces israéliennes contrôlaient désormais environ 60 % de Gaza et déclaré vouloir étendre davantage ce contrôle territorial. Cette orientation est présentée par le gouvernement comme un moyen d’empêcher la répétition d’attaques comparables à celles du 7 octobre.
Plusieurs analystes décrivent cette évolution comme une rupture doctrinale. Là où la stratégie israélienne reposait historiquement sur la dissuasion et le confinement des menaces, l’objectif affiché semble désormais davantage orienté vers leur neutralisation durable, y compris par un contrôle territorial accru. Selon certains chercheurs, cette logique repose sur l’idée qu’une présence militaire directe offrirait davantage de garanties qu’un accord politique ou un cessez-le-feu.
Cette approche s’inscrit également dans un contexte politique intérieur tendu. Confronté aux fragilités de sa coalition et aux pressions de ses alliés nationalistes et religieux, Netanyahou cherche à maintenir son image de dirigeant capable de garantir la sécurité nationale. Plusieurs observateurs estiment que les dynamiques électorales et les équilibres internes jouent désormais un rôle important dans la poursuite des opérations régionales.
En parallèle, certains responsables israéliens défendent l’idée d’un renforcement durable des zones de sécurité autour des frontières du pays, tandis que des voix critiques, en Israël comme à l’étranger, mettent en garde contre le risque d’un enlisement militaire prolongé et d’une instabilité régionale accrue.
Au-delà de la figure de Netanyahou, plusieurs spécialistes considèrent que les transformations politiques et sécuritaires engagées depuis 2023 pourraient continuer à structurer durablement la doctrine israélienne, quel que soit le futur équilibre politique du pays.