Fin de l’OTAN : le diagnostic du New York Times

Fin de l’OTAN : le diagnostic du New York Times Source: Gettyimages.ru
Donald Trump
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L’OTAN serait en train d’entrer dans une phase de délitement, selon le New York Times, qui relie cette évolution aux déclarations de Donald Trump sur le Groenland et aux doutes sans précédent qu’elles ont fait naître sur la fiabilité de l’engagement américain envers ses alliés.

Depuis quelques jours, la presse occidentale semble avoir trouvé un nouveau sport favori : tirer à boulets rouges sur les États-Unis et Donald Trump. Chaque phrase du président américain, chaque geste diplomatique un peu brusque est aussitôt interprété comme une preuve supplémentaire que Washington serait devenu une menace pour ses propres alliés. Le ton est donné : l’Amérique ne serait plus fiable, Trump serait incontrôlable, et l’Occident, lui, serait au bord de la rupture de nerfs.

C’est dans ce climat déjà électrique qu’un pas de plus a été franchi. Désormais, on ne se contente plus de dénoncer Trump : on annonce la fin de l’OTAN. Et pas dans un blog marginal ou une tribune isolée, mais dans un grand quotidien américain, comme le New York Times (NYT), qui explique sans détour que l’Alliance atlantique telle que nous la connaissons serait en train de vivre ses derniers jours.

Le prétexte immédiat de cette révélation apocalyptique ? Le Groenland. Donald Trump avait d’abord laissé entendre qu’il aimerait acheter cette immense île glacée, territoire autonome du Danemark. Puis il avait évoqué des droits de douane pour faire pression. Et, dans un moment de surenchère verbale dont il a le secret, il n’avait même pas exclu le recours à la force. Selon le NYT, personne n’aurait imaginé voir les États-Unis, fondateurs et protecteurs historiques de l’OTAN, menacer un territoire relevant d’un pays allié et, pourtant, c’est exactement ce qui s’était produit.

Toutefois, le 21 janvier, à Davos, Donald Trump a reculé. Il a abandonné les menaces militaires et commerciales et annoncé l’existence d’un accord en préparation, dont les détails restent inconnus. La crise serait donc, pour l’instant, évitée. Néanmoins, selon le journal, le mal est fait.

Le New York Times rappelle que Donald Trump a présenté le Groenland comme un enjeu vital pour la sécurité américaine : l’île serait « convoitée par la Russie et la Chine » pour ses ressources minières, et Washington voudrait y déployer une partie de son futur système antimissile « Golden Dome ». Les États-Unis disposent déjà d’une base à Pituffik et d’un traité de 1951 leur permettant d’élargir leur présence. Mais, toujours d'après le NYT, le président américain va plus loin en affirmant que l’on ne peut protéger un territoire sans le posséder.

C’est précisément ce raisonnement que le New York Times juge dangereux pour l’OTAN. Par cette logique, les États-Unis ne pourraient pas garantir la sécurité de leurs alliés, puisqu’ils ne les « possèdent » pas. Le journal rappelle que Trump a déjà laissé entendre qu’il pourrait ne pas défendre certains membres de l’Alliance et qu’il n’a même pas exclu de quitter l’OTAN à cause du dossier groenlandais. À Davos, il s’est plaint que l’Amérique « donne beaucoup et reçoit très peu ».

Sur cette base, le quotidien tranche que jamais un président américain n’a semé autant de doutes sur l’engagement des États-Unis envers la sécurité transatlantique. Et c’est ainsi que le journal avance sa thèse centrale : l’OTAN, telle qu’elle a existé pendant plus de 75 ans, serait en train de se déliter — non pas à cause d’une invasion du Groenland ou d’une décision formelle de Washington, mais à cause de l’érosion de la confiance.

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