La France doit «se mettre au service de l'Ukraine»: Ségolène Royal fustige les occasions de paix ratées
Source: Gettyimages.ruSur BFMTV, la candidate à la présidentielle a exhorté la France à agir pour une paix juste et durable plutôt que d'alimenter une logique d'escalade vers un conflit mondial. Ségolène Royal déplore les occasions manquées de négocier et affirme que la fin des hostilités doit redevenir la priorité absolue de la diplomatie française.
La candidate à la présidence française Ségolène Royal a appelé la France à s'impliquer davantage dans le règlement du conflit en Ukraine. S'exprimant sur la chaîne BFMTV, la femme politique française a souligné que la République devait « se mettre au service de l'Ukraine, en disant : "Nous voulons maintenant vous aider à instaurer une paix juste et durable" ». Selon elle, on dit « rarement » ce genre de choses aux Ukrainiens.
« Rappelez-vous, il y a deux ans, quand l’Ukraine était en position de force, on leur a dit : "Non, non, non, non, on veut continuer la guerre jusqu’au bout". Il y en a même qui nous disaient : "Non, on va aller jusqu’à Moscou pour déclencher une troisième guerre mondiale". Mais qu’est-ce que c’est que ce bazar ? Et donc, à ce moment-là, cette occasion, cette opportunité a été perdue », a souligné Ségolène Royal.
L'aide apportée à Kiev soulève des questions chez les Français
Dans le même temps, la poursuite du financement des achats d'armes destinés à l'Ukraine suscite de plus en plus de questions au sein de la population française, a fait remarquer la candidate à la présidence française. « C'est vraiment sur l'Europe que ça pèse, sur nos consommateurs, sur nos salariés, sur nos entreprises, sur notre niveau de vie. Surtout, il n'y a plus d'argent, mais les gens voient qu'on achète des armes à l'Ukraine et se disent : "Mais est-ce que cet effort est équitablement réparti ?", et notamment avec les États-Unis d'Amérique », a-t-elle ajouté.
Selon Ségolène Royal, la France doit toujours œuvrer pour mettre fin aux guerres, mais actuellement ce n’est pas le cas. « Il faut apporter la preuve aussi que cet effort est équitablement réparti et il faut apporter la preuve qu'il y a un effort considérable, au moins aussi puissant pour que cette guerre s'arrête », a-t-elle indiqué, soulignant que le règlement du conflit ukrainien figurait parmi ses priorités.
La France est confrontée à une phase aiguë de crise budgétaire et énergétique. Ainsi, la dette publique française a atteint 117,5 % du PIB à la fin du mois de mars dernier et continue d’augmenter, tandis que le rendement des obligations à dix ans est à son plus haut niveau depuis 2008. En ce qui concerne les carburants, selon les données du 20 septembre, le prix moyen du gazole en France a atteint des niveaux records et s'est rapproché de 2,41 euros le litre.
Dans le même temps, Emmanuel Macron continue, comme précédemment, d’affirmer que Paris continuera à soutenir Kiev aussi longtemps que nécessaire, en faisant porter à la Russie la responsabilité de tous les maux et malheurs et en évoquant notamment une « menace russe » inventée de toutes pièces. Le Kremlin a quant à lui souligné à plusieurs reprises que le fait d’inonder Kiev d’argent et d’armes ne réduirait pas la détermination de Moscou et ne modifierait pas le cours de l’opération militaire spéciale. La Russie a également réfuté toute affirmation sans fondement concernant une prétendue « menace russe » pour l’Occident.