La diplomatie tunisienne appelle à une réforme institutionnelle participative de l’Union africaine
© X / H.E Amb. Selma Malika HaddadiLa coopération avec l’Union africaine et ses divers organes pour mener une réforme institutionnelle inclusive, ainsi que la lutte contre la migration irrégulière, ont été au centre des discussions menées par la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine avec le chef de la diplomatie tunisienne et le chef de l'État.
À l’occasion d’un entretien avec la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Selma Malika Haddadi, qui effectue une visite officielle du 18 au 21 juin en Tunisie, le chef de la diplomatie tunisienne, Mohamed Ali Nafti, a exprimé l’engagement de son pays « en faveur du processus de réforme institutionnelle de l’Union africaine, plaidant pour une nouvelle approche participative, transparente et respectueuse de la souveraineté nationale ».
Plaidant pour une approche inclusive, le ministre tunisien a souligné la place de la Tunisie en tant que pays accueillant plusieurs institutions africaines de premier plan, dont l’Institut de statistique de l’Union africaine (STATAFRIC), le Centre africain d’excellence pour les marchés inclusifs (AIMEC) et l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Il a appelé, dans ce contexte, à une mobilisation des moyens humains et financiers pour garantir un bon fonctionnement de ces organes, renforçant ainsi leur contribution aux objectifs de développement africains.
Discussions sur le recours aux compétences tunisiennes dans l’UA et la migration irrégulière
Le ministre tunisien des Affaires étrangères a aussi proposé un recours accru aux expertises tunisiennes reconnues au sein des organes de la Commission de l’Union africaine, qui représenterait à son sens un atout stratégique pour l’organisation africaine.
Autre sujet majeur évoqué par Mohamed Ali Nafti, le défi commun du continent que représente la migration irrégulière. Sur cette question, il a soutenu une coordination accrue entre les pays du continent dans la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains. Il a également plaidé pour une approche globale incluant tant les impératifs humanitaires, sécuritaires, que ceux du développement, le tout dans le cadre d’une promotion du partage équitable des responsabilités avec les partenaires régionaux et internationaux.
La vice-présidente de la Commission de l’Union africaine rencontre le président tunisien
Selma Malika Haddadi a rencontré le président tunisien Kaïs Saïed le 19 juin. Durant cet entretien, le chef de l'État tunisien a appelé à moderniser des approches de l’Union africaine afin de les adapter aux défis actuels qui exigent des réponses renouvelées face aux profondes mutations mondiales.
Kaïs Saïed a aussi réitéré l’engagement de son pays envers les principes fondateurs de l’Union africaine. Il a par ailleurs souligné les aspirations des peuples africains à l’unité malgré les facteurs d’instabilité, de crises et d’exploitation des ressources qui pénalisent plusieurs régions africaines. À l’instar de son ministre des Affaires étrangères, le président tunisien a lui aussi appelé à lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains.
La vice-présidente de la Commission de l’Union africaine a salué l’engagement de la Tunisie pour les principes et les objectifs de l’UA, réaffirmant la volonté du président de la Commission de l’Union africaine de renforcer la coopération entre ses diverses institutions. Elle a aussi salué les efforts de la Tunisie pour créer un environnement favorable au fonctionnement des organismes africains.