Sénégal : réélu à la tête du Pastef, Ousmane Sonko promet de défendre sa «révolution»
Réélu le 6 juin à la tête du Pastef, Ousmane Sonko a profité du congrès de la formation au pouvoir pour réaffirmer son leadership et dénoncer des tentatives de «sabotage» de la révolution portée par son mouvement. Cette réélection intervient dans un contexte de relations tendues avec le président, sur fond de divergences politiques et économiques.
Ousmane Sonko a été reconduit le 6 juin à la tête des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef), lors du congrès du parti au pouvoir. Cette réélection intervient dans un climat de crise politique marqué par des dissensions croissantes avec le président Bassirou Diomaye Faye, son allié historique avec lequel il a porté l'alternance en 2024.
Dans un discours retransmis par le Pastef, l'actuel président de l'Assemblée nationale sénégalaise a présenté ce congrès comme une étape décisive pour préserver l'esprit du changement incarné par son mouvement. « Les révolutions peuvent être détournées, récupérées ou vidées de leur substance lorsqu'elles manquent à la fois d'une doctrine claire et d'une organisation capable de garantir la pérennité du changement », a-t-il déclaré, qualifiant cette rencontre d'« historique », deux ans après l'arrivée du Pastef aux plus hautes responsabilités de l'État.
Les tensions entre les deux dirigeants sont apparues au grand jour en juillet 2025, lorsque Sonko avait dénoncé un « problème d'autorité » dans le pays. En mai dernier, Bassirou Diomaye Faye avait répliqué en appelant à une « dépersonnalisation » du parti, dans une allusion largement interprétée comme une critique de l'influence exercée par Sonko sur le Pastef.
Les divergences portent également sur la stratégie économique à adopter face à l'endettement du Sénégal. Le chef de l'État s'est montré favorable à l'ouverture de discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d'un nouveau programme d'aide, tandis que Sonko plaide pour une approche plus souverainiste.
Face à ses partisans, le président de l'Assemblée nationale a affirmé que la « révolution » portée par le Pastef était menacée par des « interventions extérieures » et a promis d'empêcher toute tentative de remise en cause du projet politique du mouvement.
« Aucune tentative de sabotage de cette révolution ne réussira », a-t-il assuré, estimant que le peuple sénégalais et les militants du Pastef constituaient les meilleures garanties pour « libérer définitivement » le pays.