Égypte : hausse des tarifs de l’électricité pour les gros consommateurs et les entreprises
© Khaled Elfiqi Source: APConfronté à une aggravation de la crise énergétique et à une forte pression sur ses finances publiques, le gouvernement égyptien a décidé d’augmenter, à partir d’avril, les tarifs de l’électricité pour les ménages à forte consommation ainsi que pour les usagers commerciaux. Les foyers modestes restent, pour l’heure, épargnés par cette mesure.
Le ministère égyptien de l’Électricité a annoncé le 4 avril une hausse des prix de l’électricité visant les ménages les plus consommateurs et les entreprises, dans un contexte marqué par la flambée des coûts d’importation de l’énergie liée à la guerre dans la région du Golfe.
Cette décision s’inscrit dans une série de mesures adoptées par les autorités pour réduire la consommation énergétique et limiter l’impact budgétaire de la crise sur les finances de l’État.
Dans un communiqué, le ministère a précisé que les ménages dont la consommation mensuelle ne dépasse pas 2 000 kilowattheures ne seront pas concernés par la hausse. En revanche, les tranches supérieures verront leurs factures augmenter en moyenne de 16 %.
Les tarifs appliqués aux usages commerciaux enregistreront, quant à eux, une hausse moyenne d’environ 20 % sur l’ensemble des catégories. Le gouvernement affirme vouloir préserver l’approvisionnement en électricité des secteurs résidentiel, commercial et industriel, alors que la hausse des cours mondiaux de l’énergie accentue les tensions sur le réseau et sur les comptes publics.
Le Premier ministre Mostafa Madbouly avait indiqué en mars que la facture énergétique du pays avait plus que doublé depuis le début du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.
Face à cette situation, l’exécutif a déjà relevé les prix des carburants, augmenté les tarifs des transports publics et ralenti certains projets publics afin d’alléger la pression sur le budget de l’État. Depuis mars, l’Égypte a également engagé des mesures de rationalisation de la consommation, notamment en imposant une fermeture plus précoce de certains établissements commerciaux.
Le pays fait déjà face à une situation économique fragile, marquée par un lourd endettement. Les paiements d’intérêts absorbent près de la moitié des dépenses publiques au cours de l’exercice budgétaire en cours, tandis que l’inflation demeure à deux chiffres, après avoir culminé à 38 % en septembre 2023.
Cette nouvelle hausse tarifaire illustre la difficulté pour Le Caire de concilier impératifs sociaux, sécurité énergétique et stabilité budgétaire dans un environnement régional particulièrement volatil.