Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré dans une interview accordée à RIA Novosti que l'agence respectait sa neutralité concernant les attaques contre la centrale nucléaire de Zaporojié. Selon lui, de telles exigences ne proviennent pas uniquement de Moscou : « Parfois, c’est la Fédération de Russie qui exprime son mécontentement, d’autres fois, ce sont l’Ukraine ou les pays occidentaux qui affirment : "Vous devriez désigner les coupables" ».
Dans ce contexte, estime Grossi, il est fondamental pour une organisation internationale de préserver son impartialité. Il a expliqué que cette position pouvait susciter du mécontentement, mais a souligné que l’Agence avait l’intention de se concentrer sur sa mission technique. « Nous laissons à chaque État le soin de tirer ses conclusions et de définir son positionnement politique », a-t-il ajouté.
Les déclarations du directeur général de l’AIEA ont été faites alors qu’une nouvelle attaque ukrainienne venait de frapper les environs de la centrale nucléaire de Zaporojié. Le 3 octobre, le service de presse de la centrale a fait état de dommages causés aux équipements de la centrale thermique de Zaporojié à la suite de tirs intensifs des forces ukrainiennes. Le communiqué a noté que la fiabilité de l’approvisionnement électrique externe de la centrale dépendait du bon fonctionnement de cette infrastructure.
Les attaques régulières de Kiev, toujours pas reconnues par l'AIEA
Les attaques ukrainiennes contre les infrastructures liées à l'exploitation et à la sécurité du complexe nucléaire ne sont pas des cas isolés et ont été condamnées à plusieurs reprises par Moscou. Selon le directeur général de Rosatom, Alexeï Likhatchov, plus de 750 frappes de drones et d’artillerie ont été enregistrées au cours des quatre mois et demi précédents contre la centrale nucléaire et sa ville satellite, Energodar, et l’AIEA en a été informée.
Ainsi, le 22 septembre, une frappe d’un drone ukrainien a endommagé une station de surveillance radiologique située à environ 13 kilomètres de la centrale nucléaire de Zaporojié et constituant l’un des éléments du système chargé de la surveillance continue de la situation radiologique autour de la centrale.
Les employés de la centrale nucléaire ont eux-mêmes été pris pour cibles lors de ces raids ukrainiens. En août dernier, une attaque de Kiev contre un arrêt de bus utilisé par les employés du complexe nucléaire a fait un mort et 17 blessés. De plus, le 15 juillet, les forces armées ukrainiennes ont lancé une attaque contre un véhicule de service à la centrale nucléaire de Zaporojié, causant la mort de l'ingénieur en chef Alexandre Iakovlev ainsi que de son chauffeur, Dmitri Filippov.
L’AIEA préfère toutefois rester en retrait, se contentant d’appeler à cesser ces « actes inacceptables ». Début septembre 2026, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a condamné le rapport de Rafael Grossi sur la sûreté nucléaire en Ukraine, affirmant qu’il ne reflétait pas la réalité de la situation autour de la centrale nucléaire de Zaporojié. Elle a qualifié ce document de « politiquement orienté » et a accusé le directeur général de l’AIEA d’éluder la responsabilité de Kiev dans les attaques contre la centrale nucléaire, les meurtres de membres du personnel et les tentatives visant à perturber durablement l’alimentation électrique du site.