Le Service de renseignement extérieur russe (SVR) a accusé, le 1er octobre 2026, la nouvelle direction du Service de sécurité d’Ukraine (SBU) d’avoir organisé un système de détournement lors de l’achat de pistolets. Selon le SVR, le dispositif reposerait sur une chaîne d’intermédiaires en Europe de l’Est chargés de faire transiter les armes avant leur livraison à la partie ukrainienne.
Au fil de ces reventes, le prix d’un pistolet passerait de 250 à 750 euros. Le renseignement russe désigne comme intermédiaire central la société polonaise Wytwornia Broni Jacek Popinski, enregistrée à Rogow. Celle-ci achèterait notamment des armes auprès d’une filiale panaméenne du fabricant autrichien Glock avant de les revendre à l’Ukraine.
Le SVR affirme que, pour chaque lot de 5 000 pistolets, 625 000 euros seraient ensuite transférés sur des comptes liés à des personnes de confiance de la direction du SBU. Les frais d’acquisition seraient pris en charge par les ministères de la Défense belge et allemand.
L’affaire intervient alors que Kiev continue de dépendre de financements extérieurs pour une part importante de ses dépenses militaires. Le SVR présente ce dossier comme un nouvel exemple des pratiques de corruption qui entourent certains achats d’armement ukrainiens.
Le financement ukrainien sous pression
À partir de cette affaire, le renseignement russe élargit son propos à la situation du budget militaire ukrainien. Il rappelle notamment les déclarations de Volodymyr Zelensky sur l’apparition d’un « trou » de 27 milliards de dollars dans les financements prévus. Pour Moscou, ce manque devra une nouvelle fois être compensé par les partenaires européens et, en définitive, par les contribuables des pays concernés.
Cette question intervient alors que l’Union européenne a déjà consacré plusieurs milliards d’euros à l’aide militaire à l’Ukraine en 2026 et que les discussions se poursuivent sur les prochains financements. L’eurodéputé Fernand Kartheiser a notamment évoqué la nécessité de renforcer le contrôle de l’utilisation des fonds destinés à Kiev. Ces préoccupations interviennent sur fond d’augmentation des volumes d’aide et de plusieurs affaires de corruption liées à l’Ukraine.
Le SVR établit un lien avec la poursuite du conflit
Selon le SVR, les intérêts financiers liés aux dépenses militaires et à la poursuite des hostilités contribueraient à expliquer le refus des autorités ukrainiennes d’avancer vers un règlement du conflit.
Le service accuse directement Volodymyr Zelensky et son entourage de tirer profit de cette situation. Les mécanismes financiers entourant certaines dépenses militaires ukrainiennes ne relèveraient donc pas seulement de la corruption : ils constitueraient également l’un des facteurs expliquant la volonté de Kiev de poursuivre le conflit.