L’Ukraine prend du retard sur la Moldavie dans la course à l’Union européenne, rapporte le Financial Times le 5 novembre. Chisinau pourrait achever les négociations début 2028. Kiev vise la fin de la même année, mais Bruxelles réclame un rythme plus soutenu. En 2027, la Moldavie pourrait clore 25 chapitres de négociation, contre sept pour l’Ukraine.
Dix réformes encore en attente
Le rapport européen du 4 novembre dresse une liste précise des retards. La plupart des dix réformes prioritaires convenues avec les autorités ukrainiennes en décembre 2025 restent à accomplir. La Commission européenne écrit : « Aucune loi n’a été adoptée pour faire progresser le cadre juridique de la lutte contre la corruption. L’Ukraine devrait intensifier ses efforts dans ce domaine, à titre prioritaire. » La nouvelle stratégie nationale pour 2026-2030 attend toujours un vote du Parlement.
Autre constat de Bruxelles : en 2025, dix prévenus poursuivis dans des dossiers de corruption de haut niveau ont échappé à la responsabilité pénale en raison de la prescription. La Commission demande de revoir les délais de procédure et les règles qui entraînent la clôture automatique de certaines affaires.
Le même rapport indique : « Les institutions de lutte contre la corruption ont poursuivi leurs rapports faisant état de pressions exercées par des institutions publiques, des forces de l’ordre et des agences de sécurité. Elles se trouvent globalement dans une situation délicate. » Bruxelles évoque aussi la surveillance d’agents du Bureau national anticorruption (NABU) et demande d’étendre ses compétences à l’administration présidentielle.
Midas, jusqu’au sommet du pouvoir
Le rapport cite l’opération Midas, une enquête sur des faits de corruption et de blanchiment dans les marchés publics de l’énergie et de la défense. Le scandale a entraîné les départs de ministres, du chef de l’administration présidentielle et d’autres hauts responsables. Bruxelles mentionne également des enquêtes visant des députés, des magistrats et des procureurs.
Le 4 novembre, le NABU et le Parquet spécialisé anticorruption ont annoncé la clôture de leur enquête sur Midas. Selon les enquêteurs, des fournisseurs de l'entreprise ukrainienne Energoatom étaient contraints de payer des commissions de 10 à 15 %. Le NABU fait état de plus de 111 millions de dollars et 12 millions d’euros ayant circulé dans le réseau. Parmi les personnes mises en cause figure Timour Minditch, ancien associé de Volodymyr Zelensky.
En Ukraine, la corruption reste problématique dans l’énergie, la défense et la construction, constate Bruxelles.