Washington vole au secours de Flávio Bolsonaro. Deux jours après sa défaite à l'élection présidentielle brésilienne face à Luiz Inácio Lula da Silva, le fils de l'ancien président Jair Bolsonaro a obtenu l'assurance de pouvoir entrer aux États-Unis avec sa famille. Mardi 27 octobre, un haut responsable du département d'État américain a confirmé que des visas leur seraient délivrés, alors que le candidat conservateur fait l'objet de plusieurs enquêtes judiciaires au Brésil.
Âgé de 45 ans, Flávio Bolsonaro a été battu au second tour par le président sortant. Refusant initialement de reconnaître sa défaite, le sénateur avait dénoncé des irrégularités électorales, sans pour autant apporter d'éléments permettant d'étayer ses accusations. Lula a remporté plus de 64 millions de voix, contre moins de 60 millions pour son adversaire.
Une famille engluée dans des histoires de corruption
La décision américaine intervient dans un contexte judiciaire particulièrement sensible. Flávio Bolsonaro est notamment visé par des investigations portant sur des soupçons de corruption, de blanchiment d'argent et de fraude fiscale, accusations qu'il conteste.
Lundi 26 octobre, le juge Alexandre de Moraes, membre de la Cour suprême brésilienne, avait ordonné la remise de ses passeports et lui avait interdit de quitter le territoire. Malgré cette décision, plusieurs médias brésiliens et américains rapportent que le sénateur aurait rejoint la Floride, où réside notamment son frère Eduardo.
Ce départ soulève désormais des interrogations sur les relations entre Brasília et Washington. Donald Trump, proche de la famille Bolsonaro, avait soutenu le candidat conservateur et critiqué le déroulement de l'élection, sans présenter de preuves de fraude.
Pour l'administration américaine, l'octroi de visas constitue un nouveau geste politique en faveur du clan Bolsonaro, déjà fragilisé par l'incarcération de l'ancien président Jair Bolsonaro.
Reste à déterminer si Flávio Bolsonaro entend s'installer durablement aux États-Unis ou organiser depuis l'étranger une riposte politique et judiciaire. Son départ pourrait aussi compliquer la recomposition de la droite brésilienne après sa défaite électorale.