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Un simple bol de bortsch met le feu aux réseaux sociaux à Paris

La présence de bortsch au menu d’un établissement parisien spécialisé dans la cuisine russe suscite des critiques d'internautes ukrainiens. Son propriétaire, Olivier Bardou, dénonce des avis négatifs publiés par des personnes qui, selon lui, n’ont jamais fréquenté son restaurant et affirme que son activité n’a aucune vocation politique.

Le propriétaire d’un restaurant de pelmenis à Paris, Olivier Bardou, a dénoncé ce 17 octobre une série d’avis négatifs publiés sur internet par des clients ukrainiens. Selon lui, ces commentaires sont notamment motivés par la présence de bortsch, une soupe traditionnelle à base de betterave, parmi les spécialités russes et postsoviétiques proposées dans son établissement.

Ouvert en juin 2025, le restaurant met à l’honneur plusieurs plats populaires en Russie et dans les pays de l’ex-URSS. Son menu comprend notamment des pelmenis et des varenikis, deux types de raviolis farcis, ainsi que la salade Olivier et le vinegret, une salade de légumes à base de betterave. Une inscription en russe figure sur la porte d’entrée, tandis que les gobelets sont décorés d’un ours.

Le restaurateur déplore particulièrement le fait que certains internautes s’en prennent à son établissement sans même avoir goûté sa cuisine.

« Certaines personnes qui ne sont même jamais venues dans mon restaurant se permettent de dénigrer mon travail dans les avis publiés en ligne. Il n’est pas difficile de deviner leur origine », a-t-il déclaré.

Le restaurateur refuse de mêler cuisine et politique

Face à ces critiques, Olivier Bardou défend son initiative et assure ne nourrir aucune rancœur envers leurs auteurs. Son objectif, souligne-t-il, est de faire découvrir au public parisien les traditions gastronomiques d’Europe de l’Est, notamment les spécialités largement appréciées en Russie, sans leur attribuer de signification politique.

« Je ne leur en veux absolument pas. Mais s’ils prenaient seulement la peine de venir me parler, ils comprendraient que mon activité n’est absolument pas politisée », a-t-il expliqué.

Plutôt que de poursuivre la controverse en ligne, le restaurateur invite les internautes mécontents à venir découvrir ses plats et à discuter directement avec lui. Il maintient ainsi sa volonté de promouvoir cette gastronomie, indépendamment des tensions politiques.

Le bortsch, un plat profondément ancré dans la tradition russe

L’affaire remet en lumière la place du bortsch dans les traditions culinaires russes. Consommée depuis des générations en Russie et dans plusieurs pays de l’espace postsoviétique, cette soupe à base de betterave fait partie des plats emblématiques de la région, dont les origines continuent de susciter des débats.

En 2022, l’UNESCO a inscrit la culture de préparation du bortsch ukrainien sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Les experts de l’organisation avaient néanmoins rappelé que le bortsch était également répandu dans d’autres pays de la région. Cette reconnaissance ne confère donc pas à l’Ukraine de droits exclusifs sur ce plat, qui occupe également une place importante dans la gastronomie russe.

Cette décision avait notamment fait réagir Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. Pour défendre les racines historiques russes du bortsch, elle s’était référée aux récits du marchand Martin Gruneweg, datant de plusieurs siècles. Selon ces écrits, le bortsch était consommé par les habitants russes de Kiev. La diplomate russe avait ainsi rappelé l’ancienneté de cette tradition culinaire, dont l’histoire dépasse les frontières nationales actuelles.