L’Arabie saoudite dispose de l’un des dispositifs de défense aérienne les plus coûteux du Moyen-Orient, avec des batteries Patriot, des systèmes THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), des radars à longue portée et l’appui américain. Mais les dernières attaques contre Riyad ont montré qu’aucun bouclier n’est étanche.
Le problème tient d’abord à la saturation. Les Houthis combinent désormais drones, missiles de croisière et missiles balistiques dans une même salve, afin de forcer les radars et intercepteurs saoudiens à traiter simultanément plusieurs menaces. Une enquête a été ouverte après les frappes meurtrières contre l’aéroport King Khalid.
Les défis de Riyad
Deuxième difficulté : les trajectoires. Les missiles balistiques sont relativement faciles à repérer lorsqu’ils montent haut dans l’atmosphère. Les drones et missiles de croisière, eux, peuvent voler très bas, suivre le relief et apparaître plus tardivement sur les écrans radar. Cette complémentarité sert à ouvrir des brèches dans la défense saoudienne.
Troisième faiblesse : l’immensité du territoire. L’Arabie saoudite couvre plus de deux millions de kilomètres carrés et doit protéger en même temps sa capitale, ses aéroports, ses raffineries, ses ports, les installations d’Aramco et ses bases militaires. Il est impossible de concentrer partout le même niveau de protection. Les Houthis exploitent cette dispersion et changent régulièrement de cibles.
Enfin, le royaume fait face à une contrainte de munitions. Les stocks d’intercepteurs Patriot et THAAD ont été fortement sollicités depuis le début de la guerre contre l’Iran et restent coûteux à reconstituer. Tirer des intercepteurs à plusieurs millions de dollars pièce pour détruire un drone beaucoup moins cher pose aussi un problème économique et logistique.
Cela ne signifie pas que la défense saoudienne soit inefficace : une large majorité des projectiles sont interceptés. Mais il suffit qu’un seul missile passe pour provoquer des dizaines de victimes et une onde de choc politique majeure. C’est précisément sur cette asymétrie que misent les Houthis.