L’Arabie saoudite fait face à une nouvelle vague d’attaques houthies. Jeudi 8 octobre, la coalition dirigée par Riyad a annoncé avoir intercepté trois missiles balistiques, dont deux en direction de la capitale et un vers Khamis Mushait. Des débris sont toutefois tombés sur un complexe comprenant une clinique et une école maternelle à Riyad, provoquant des dégâts matériels. Dans le même temps, le mouvement yéménite a revendiqué une frappe contre l’aéroport international King Khalid, affirmant avoir atteint sa cible.
L’escalade se ressent jusque dans le trafic aérien. Un appareil de la compagnie Saudia a été gravement endommagé après avoir pris feu à l’aéroport de Riyad. Plus de 275 vols ont été annulés jeudi, tandis que Lufthansa, Air India, IndiGo et Akasa Air ont suspendu temporairement leurs liaisons vers la capitale. Le mouvement a par ailleurs averti les compagnies d’éviter l’espace aérien saoudien, à l’exception de La Mecque et Médine.
200 000 déplacés
Ces frappes surviennent après des attaques meurtrières contre les aéroports de Riyad et d’Abha, qui ont fait trois morts et 36 blessés en début de semaine. Les trois personnes tuées sont une Marocaine, une Algérienne et un Soudanais. Riyad promet une riposte, tandis que les Houthis menacent aussi les installations pétrolières et les infrastructures stratégiques du royaume.
Cette nouvelle phase est liée à la reprise des combats au Yémen. L’Arabie saoudite soutient une vaste offensive des forces gouvernementales sur la côte de la mer Rouge et autour de Bab el-Mandeb, alors que les Houthis tentent de reprendre l’initiative autour de Taëz et d’Aden. Plus de 200 000 personnes auraient déjà été déplacées par les combats récents.
Plus de quatre ans après la trêve de 2022, Riyad redécouvre ainsi sa vulnérabilité face aux missiles et drones houthis. La guerre déborde largement du Yémen et menace l’aviation civile, les infrastructures énergétiques et l’image de stabilité que le royaume cherche à projeter.