La Syrie pourrait bientôt être directement impliquée dans la guerre au Yémen. Selon des révélations publiées le 7 octobre par Axios, Riyad et Damas discutent d’un éventuel déploiement de soldats syriens pour soutenir l’offensive des forces gouvernementales yéménites contre les Houthis. Trois responsables américains cités par le média affirment que l’administration Trump a été informée de ces échanges et ne s’y opposerait pas.
Le scénario évoqué est loin d’être symbolique. D’après Axios, la Syrie pourrait envoyer entre 10 000 et 20 000 hommes, même si aucune décision définitive n’a encore été annoncée. Ces soldats viendraient renforcer les forces terrestres yéménites, tandis que l’Arabie saoudite continuerait principalement d’assurer la couverture aérienne et les frappes contre les positions houthies.
L’Arabie saoudite à la recherche de soutien
Ces échanges surviennent alors que Riyad a relancé une vaste offensive au Yémen. L’objectif est notamment de reprendre les secteurs autour du détroit de Bab el-Mandeb, tombés en partie aux mains des Houthis, puis de pousser vers Sanaa. Des dizaines de milliers de combattants fidèles au gouvernement yéménite sont déjà engagés, avec un soutien américain en matière de renseignement et de ciblage, mais sans participation directe des forces américaines.
Pour Ahmed al-Chareh, un engagement militaire aux côtés de Riyad constituerait toutefois un choix particulièrement sensible. La Syrie sort de quatorze années de guerre, doit encore restructurer son armée et intégrer d’anciens groupes rebelles. Reuters souligne que Damas étudie plusieurs formes d’assistance, allant d’un soutien défensif limité à l’envoi de troupes, mais que ses propres priorités intérieures pourraient freiner un déploiement massif.
L’hypothèse illustre surtout le rapprochement spectaculaire entre Riyad et le nouveau pouvoir syrien. Si elle se confirmait, la Syrie deviendrait pour la première fois depuis la chute de Bachar el-Assad un acteur militaire direct d’un conflit régional aux côtés de l’Arabie saoudite.