International

Blocage des lycées en France : l’Iran convoque l’ambassadeur français et dénonce les violences policières

Téhéran a convoqué l’ambassadeur de France pour protester contre ce qu’il juge être la répression des rassemblements lycéens dans l’Hexagone. Dénonçant des violences et des intrusions policières dans les salles de classe, la diplomatie iranienne a appelé Paris à respecter le droit de manifester pacifiquement et ses engagements internationaux.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a fait venir l’ambassadeur de France en Iran au sujet de l’intervention des forces de sécurité lors des manifestations étudiantes, a rapporté l’Agence de presse de la République islamique (IRNA) le 6 octobre. Téhéran a appelé au respect des droits et libertés fondamentaux de l’homme, en particulier le droit des citoyens français à se réunir pacifiquement.

Hamid Ahmadi, directeur général par intérim du département des droits de l’homme du ministère iranien des Affaires étrangères, a exprimé, lors d’un entretien avec le diplomate français, sa profonde inquiétude face à la répression violente des manifestations pacifiques par les forces de sécurité, qui a entraîné des blessures et des mutilations chez plusieurs manifestants. Il a rappelé les obligations de Paris en matière de droits de l’homme, découlant des traités et instruments juridiques internationaux, soulignant que le recours à la force d’une telle ampleur contre des participants à des rassemblements pacifiques était tout à fait injustifié.

Ahmadi a également appelé à la mise en place d’un mécanisme indépendant chargé d’enquêter sur les violations graves des droits de l’homme, en se référant à des témoignages et à des photos montrant des agents des forces de sécurité françaises pénétrant dans des salles de classe et recourant à la violence à l’encontre d’élèves et d’enseignants. Par ailleurs, le responsable iranien a souligné la nécessité d’examiner les nombreux signalements faisant état d’un recours excessif à la force et d’une atteinte à l’inviolabilité des établissements scolaires par la police.

Des manifestations de lycéens et d’étudiants ont lieu dans toute la France pour réclamer une réforme en profondeur du système éducatif et une amélioration des conditions d’enseignement. Le 6 octobre, le ministère français de l’Intérieur a dénombré plus de 266 000 élèves ayant participé aux manifestations, dont 56 000 à Paris. De leur côté, les organisations de jeunesse et étudiantes à la tête du mouvement de protestation affirment que 450 000 personnes au total sont descendues dans la rue à travers le pays, dont 100 000 dans la capitale.

Tout au long de ces journées, les manifestations ont été marquées par des violences de la part des forces de l’ordre françaises. Les policiers ont utilisé des matraques et des gaz lacrymogènes et, le 5 octobre, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade devant un lycée de Lens. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a toutefois déclaré que « dans la quasi-totalité des cas », l’intervention de la police avait été « proportionnée ». Selon son ministère, plus de 6 000 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre. Des blessés sont également à déplorer parmi les forces de l’ordre, avec un total de 715 cas au 6 octobre.