Les combats s’intensifient au Yémen. Après plusieurs jours d’avancées des forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite sur la côte de la mer Rouge, les Houthis ont lancé une vaste contre-attaque, combinant offensives terrestres, missiles balistiques et drones. Le 6 octobre, ils ont notamment visé l’aéroport international d’Aden, provoquant le déroutement d’un vol en provenance du Caire, tandis que d’autres projectiles ont été interceptés en direction du royaume.
Cette riposte fait suite au lancement de l’opération « Dawn of Yemen » par le gouvernement reconnu internationalement. Soutenues par une importante campagne aérienne saoudienne, ses forces ont repris plusieurs positions stratégiques autour du détroit de Bab el-Mandeb, dont Dhubab et la zone de Moka, tombées aux mains des Houthis en septembre. L’objectif affiché est désormais de repousser les rebelles vers le nord et, à terme, de reprendre Sanaa.
L'éternel bourbier saoudien
Mais la contre-offensive houthie montre que le mouvement conserve des capacités importantes. Il a revendiqué des attaques contre l’aéroport de Riyad, la raffinerie d’Aramco à Rabigh, l’aéroport d’Abha et la base militaire de Khamis Mushait. Les combats restent par ailleurs particulièrement violents autour de Taëz, où les Houthis ont récemment réussi plusieurs percées.
L’enjeu dépasse largement le seul territoire yéménite. Bab el-Mandeb est l’un des principaux passages maritimes mondiaux entre l’océan Indien et la Méditerranée. Sa sécurisation est devenue encore plus cruciale alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz perturbent déjà les marchés énergétiques.
Cette nouvelle phase de guerre rompt surtout avec plusieurs années d’accalmie relative, observée depuis la trêve de 2022. Riyad cherche à présent à reprendre l’initiative militaire pour pousser les Houthis à négocier en position de faiblesse. Mais leur capacité à frapper en profondeur en Arabie saoudite rappelle que, plus de dix ans après le début de la guerre, aucune victoire rapide ne semble possible.