Les États-Unis durcissent encore leur pression financière sur l’Iran. Le département du Trésor a averti le 5 octobre que toute institution financière étrangère continuant à travailler avec Téhéran ou avec son secteur bancaire pourrait être sanctionnée sans préavis. L’objectif est clair : rendre le coût d’une relation financière avec l’Iran suffisamment élevé pour pousser les banques étrangères à couper d’elles-mêmes leurs liens avec le pays.
Cette stratégie repose sur le poids central du dollar et de l’accès au système financier américain. Une banque étrangère n’a pas besoin d’être américaine pour être vulnérable : si elle utilise des correspondants en dollars, possède des actifs aux États-Unis ou dépend de transactions transitant par le système bancaire américain, Washington peut limiter ou couper cet accès. C’est le principe des sanctions dites « secondaires », qui permettent aux États-Unis de viser des acteurs non américains pour leurs activités avec l’Iran.
Le rouleau compresseur des sanctions
Ce message s'inscrit dans le cadre d’une campagne plus large baptisée « Operation Economic Outcast », destinée à isoler davantage l’économie iranienne. Ces dernières semaines, Washington a sanctionné de nouveaux réseaux de financement et d’approvisionnement liés à Téhéran, notamment le système financier russe A7, accusé d’avoir facilité des opérations de contournement des sanctions avec l’appui d’entités extérieures.
Cette pression vise en particulier les banques du Golfe, d’Asie et des places financières intermédiaires susceptibles de faciliter les paiements iraniens, directement ou via des sociétés écrans. Elle touche aussi indirectement les exportations pétrolières iraniennes, puisque chaque vente nécessite des circuits de paiement, d’assurance et de financement.
Pour Téhéran, l’enjeu est donc majeur. Plus les banques étrangères se retirent, plus il devient difficile de rapatrier les revenus pétroliers, financer les importations ou accéder aux devises. Washington cherche ainsi à étrangler les circuits financiers iraniens sans recourir à une nouvelle opération militaire.