L’Iran a engagé des travaux pour augmenter la portée de ses missiles balistiques, après l’agression américaine. Le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akraminia, est cité ce 4 octobre par l’agence Fars : « Au cours de cette guerre [avec les États-Unis], nous avons conclu qu’il était impératif d’augmenter la portée de nos missiles et nous y travaillons actuellement. »
Le porte-parole explique cette décision par l’éloignement des navires de l’US Navy, désormais déployés jusqu’à 1 000 kilomètres des côtes iraniennes. L’armée de la République islamique juge donc nécessaire d’augmenter la portée de ses armes pour pouvoir atteindre ces bâtiments en cas de nouvelle attaque américaine.
Des améliorations sur les missiles de croisière et les missiles navals
La portée n’est qu’un volet des travaux. Le porte-parole annonce également des améliorations de la vitesse et de la précision, notamment pour les missiles de croisière à longue portée et les missiles navals employés contre les bâtiments ennemis.
L’Iran s’est déjà servi de ses missiles et de ses drones pour répondre aux attaques américaines. Après le début de l'agression des États-Unis et d’Israël, le 28 février, les ripostes iraniennes ont notamment visé les bases américaines au Moyen-Orient.
L’accord de juin devait interrompre ces hostilités. Pourtant, dès juillet, Washington a repris ses frappes et Téhéran a de nouveau riposté, notamment contre les bases au Koweït et à Bahreïn. Les tirs iraniens se sont répétés durant l’été. En septembre, une nouvelle riposte a suivi les attaques américaines contre le Sistan-et-Baloutchistan et l’Hormozgan.
Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a également averti ce 4 octobre les pays dont le territoire pourrait servir à de nouvelles attaques américaines et israéliennes contre l’Iran : « La riposte sera incontestablement d’une tout autre nature. »
Un accord réclamé sous la menace
Washington cherche aujourd’hui à obtenir un accord tout en menaçant l'Iran. Lors d’un déplacement au Texas, le 2 octobre, Donald Trump a évoqué l'élimination des autorités iraniennes si elles refusaient les conditions américaines. Il a pourtant envisagé un règlement avant les élections de mi-mandat de novembre, ou peu après.
Sur les négociations, Esmaïl Baghaï affirme que Téhéran a refusé de laisser Washington imposer le dossier nucléaire à l’ordre du jour : « La transmission des réponses claires et fermes de l’Iran aux propositions de la partie américaine, par l’intermédiaire du médiateur qatari à Doha, a démontré l’échec des tentatives de Washington visant à détourner les négociations vers le dossier nucléaire. » L’Iran réclame notamment la levée des sanctions américaines pour rétablir une navigation sûre dans le détroit d’Ormuz.