L’ancienne ministre de l’Économie, qui quittera Francfort le 7 février prochain, neuf mois avant la fin de son mandat, a justifié sa décision par le souhait de s’engager librement sur des sujets hors politique monétaire. L'annonce relance fortement les interrogations sur ses ambitions nationales à l’approche du scrutin d’avril 2027.
Un recours possible pour un centre en quête de figure
Jeudi 29 octobre, Christine Lagarde a tranché : elle anticipera son départ de la Banque centrale européenne. « Je veux avoir la liberté de parole, la liberté d’expression et la liberté de m’engager », a-t-elle déclaré, soulignant ne plus pouvoir rester neutre face à ce qu’elle perçoit comme de la désinformation. Par la même occasion, elle a peut-être privé la France de sa place à la tête de l’institution.
Le calendrier n’est pas anodin : il la libère juste avant le premier tour de la présidentielle.
Bruno Le Maire n’a pas tardé à réagir l’annonce sur LCI. « Je suis enthousiaste […]. Si elle revient, c’est sans doute qu’elle aspire à plus. Je le souhaite aussi pour mon pays », a lancé l’ancien ministre, qui la range parmi les rares personnalités capables d’accéder à l’Élysée.
Gabriel Attal, de son côté, a salué ses valeurs et son opposition aux alliances avec LFI ou le RN. Quant à la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, elle a déclaré le 1er novembre : « C’est à elle de dire quelles sont ses ambitions (...) Elle fait clairement partie des candidats de droite ».
Pourtant, Lagarde elle-même a récemment écarté l’hypothèse. Fin septembre, elle confiait à La Croix : « Ce ne serait pas du tout une bonne idée. […] J’ai 70 ans… » Elle évoquait le sacrifice et l’énergie nécessaires. Reste que, pour l’heure, son départ d’une des plus prestigieuses institutions du continent au motif de retrouver sa « liberté de parole » intrigue surtout dans un contexte sondagier très mauvais pour le centre.
Ses détracteurs, eux, citent l’austérité imposée à la Grèce, son échec avec le prêt accordé à l’Argentine en 2018 ou rappellent sa condamnation de 2016 pour négligence dans l’affaire Tapie. Le journaliste Michael Bartelex résume le parcours et les controverses qui ont jalonné sa carrière politique dans une vidéo largement reprise sur les réseaux sociaux en France.
La présidente de la Banque centrale européenne a prévu de publier, Lady First, en janvier 2027. Ouvrage tremplin pour la présidentielle ou simple fin de carrière avec un soutien au candidat centriste ? Les paris sont ouverts.