La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a annoncé jeudi 29 octobre qu’elle quitterait ses fonctions dès le 7 février 2027, bien avant l’expiration prévue de son mandat fin octobre 2027. Sa décision anticipée permet au chef de l’État français de participer à la désignation de la personne qui la remplacera avant l’élection présidentielle du printemps 2027, tout en plaçant l’Hexagone dans une position fragile pour conserver la direction de l’institution.
Un départ européen pour un retour en politique française ?
Sur X, Emmanuel Macron a immédiatement réagi, exprimant sa « profonde reconnaissance à Christine Lagarde pour son engagement européen et pour l’action déterminée qu’elle a menée à la tête de la banque centrale européenne ».
Arrivée à Francfort en novembre 2019 après avoir dirigé le Fonds monétaire international, elle a justifié son départ par le désir d’« avoir la liberté de parole, la liberté d’expression et la liberté de m’engager sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire ».
L’ancien ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a d’ores et déjà fait savoir qu’il la soutiendrait si elle venait à se présenter.
Une hypothèse pas absurde au vu des propos de la principale intéressée : « Je pense que ma voix, mon action peut être utile pour des principes qui me sont chers », a-t-elle expliqué, soulignant que son mandat lui impose la neutralité. Elle avait néanmoins fait une déclaration en forme de conseil aux autorités françaises le 14 octobre affirmant que pour Paris « la solution se trouve d’abord en France ».
Paris affaibli au sein de la Banque centrale européenne
Pour la succession à la présidence de la BCE, la France part avec de sérieux handicaps. Sur les quatre présidents qu’a connus la banque centrale, deux étaient Français (Jean-Claude Trichet et Christine Lagarde). De nombreux États estiment qu’il est temps de passer le relais. L’Allemagne, déjà à la tête de la Commission européenne, pourrait soutenir un profil plus « faucon », et le déficit français, l’un des plus élevés de la zone euro derrière la Belgique, isole Paris. Comme l’a indiqué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil, Berlin « fera valoir son poids de plus grand pays de la zone euro » pour une direction « largement soutenue ». Le processus de nomination, qui requiert une majorité qualifiée renforcée des 21 pays utilisant l’euro, s’annonce donc délicat pour l’influence française.