France

Polémique en France : Trappes est une «république islamique en miniature», réaffirme le RN

Sur BFMTV, la cheffe de file des sénateurs du RN a maintenu les propos tenus en 2021 et 2022 par Jordan Bardella, qualifiant Trappes de «république islamique en miniature». Une prise de position critiquée après la récente fusillade mortelle qu’a connue la ville, qui fut pointée du doigt comme un vivier de djihadistes pour la Syrie.

« Dans nos propos, il n’y a rien de répréhensible », a argué le 26 octobre sur le plateau de BFMTV Edwige Diaz, sénatrice de la Gironde et présidente du groupe Rassemblement national (RN) au Sénat, en rappelant que le maire de Trappes avait porté plainte contre le président de son parti Jordan Bardella, qui « a gagné au tribunal ». Interrogée sur les propos de son président qualifiant Trappes de « république islamique en miniature », elle a répondu : « Eh bien, oui, absolument. C’est ce que Jordan Bardella avait dit il y a quelques années. »

Une séquence massivement reprise et commentée le 27 octobre par les médias français, quelques jours après une fusillade mortelle à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, et l’ouverture d’une enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ».

« Quelques jours après l’attentat raciste de Trappes, le RN continue de vomir sa haine et son islamophobie », a fustigé sur X le député La France insoumise de la Haute-Garonne François Piquemal, qui a repris l’extrait.

En octobre 2021, après la réélection du maire de Trappes Ali Rabeh, dans un communiqué intitulé « Rendons Trappes à la France » où il regrettait « que le gouvernement reste passif devant la constitution de Républiques islamiques en miniature », Jordan Bardella avait appelé à la révocation du maire par décret ainsi qu’à la « mise sous tutelle par l’État » de la ville.

Trappes, vivier de djihadistes volontaires pour la Syrie

Des propos qui avaient ressurgi en février 2022, lorsque le président du RN par intérim avait annoncé qu’ils lui valaient d’être mis en examen.

Une mise en examen reçue « dans une période où nous apprenons que des journalistes, et notamment une de vos confrères de M6 et un habitant de Roubaix, ont été placés sous protection policière pour avoir pas seulement dénoncé, mais simplement décrit le réel et montré la progression de l’islamisme dans la ville de Roubaix », avait-il ajouté au micro d’Europe 1, déplorant que « la justice française poursuive le même but aujourd’hui que les islamistes, à savoir faire taire ceux qui dénoncent le réel ».

« Je maintiens mes propos : Trappes est éminemment une petite république islamique en miniature », avait-il lancé le soir même sur le plateau de Touche pas à mon poste ! face à Ali Rabeh, invoquant les travaux du spécialiste du monde arabe et de l’islam Gilles Kepel. Il avait ajouté que la ville était la « capitale européenne du djihad ». « C’est la ville en Europe qui a envoyé le plus de djihadistes combattre en Syrie depuis 2013 », avait-il insisté.

Une affirmation qui ne vient pas de nulle part. « C’est évidemment un terreau et un foyer du djihad, puisque 67 jeunes gens sont partis en Syrie ces dernières années », avait déclaré en août 2018 sur le plateau de l’émission C dans l’air la journaliste du quotidien Le Monde Raphaëlle Bacqué, soulignant que « cela en fait le record d’Europe » et évoquant une ville « particulièrement surveillée » par le renseignement.

En 2016, France Inter évoquait « 60 à 80 jeunes » partis en Syrie depuis Trappes, « ville particulièrement touchée par les départs en Syrie », dans une enquête diffusée après que les autorités belges sont remontées jusqu’à des djihadistes originaires de Trappes.