France

La boutique de la famille de Brigitte Macron protégée par les CRS ? La préfecture dément

Une vidéo de fourgons de CRS devant la chocolaterie de la famille de Brigitte Macron, à Amiens, a circulé sur les réseaux sociaux après les violences du 17 octobre. La préfecture dément toute protection particulière et assure que ces véhicules devaient sécuriser tous les commerces du centre-ville. Un syndicat de police conteste cette version.

Les vitrines volaient en éclats dans plusieurs villes françaises, mais une boutique d’Amiens semblait bénéficier d’un voisinage rassurant. Sur une vidéo tournée le 17 octobre, des véhicules des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) stationnent devant la chocolaterie Jean Trogneux, dirigée par un petit-neveu de la première dame Brigitte Macron. Une question surgit : les macarons des Trogneux auraient-ils droit à une protection que d’autres commerçants attendent encore ? La vidéo ne prouve toutefois pas la mission des CRS.


Le 20 octobre, le syndicat Alliance Police Nationale a demandé des explications sur la présence d’une demi-compagnie de CRS devant la chocolaterie, alors que les effectifs manquent ailleurs. La veille, le maire de Yerres Nicolas Dupont-Aignan avait déjà dénoncé la situation sur X : « Ce mépris et ces privilèges d’un autre temps sont INSUPPORTABLES ! » Selon lui, les autres commerçants ont été laissés sans protection face aux pillages.

La préfecture de la Somme a publié un communiqué, le 20 octobre, pour démentir une protection sur mesure : « Le préfet de la Somme dément l’allégation selon laquelle des effectifs de CRS auraient été dédiés à la protection du magasin Trogneux. » Selon les autorités, les renforts étaient venus sécuriser l’ensemble des commerces du centre-ville. Les véhicules avaient été stationnés sur un axe piétonnier stratégique, près de la place Gambetta. Autrement dit, si les fourgons se trouvaient devant la chocolaterie, ce serait pour les besoins de la géographie, pas pour ceux des confiseries. Une nuance qui peine à convaincre le syndicat Alliance.

Interrogé sur RMC, le délégué national CRS du syndicat Johan Cavallero a répliqué : « Ils jouent un peu sur les mots. Dans ce cas, le centre-ville d’Amiens est assez grand, pourquoi on ne les aurait pas mis devant la cathédrale ou un autre bâtiment ? »

Le débat survient après un week-end coûteux pour les commerçants français. Selon un premier bilan avancé par le ministre du Commerce Serge Papin, au moins 3 000 entreprises ont subi des dégradations ou des pillages les 17 et 18 octobre. Le Financial Times cite une estimation de Morningstar DBRS évaluant les pertes assurées entre 1 et 1,2 milliard d’euros. À Amiens, la préfecture maintient que le dispositif concernait tous les commerces.