Face aux scènes de pillages et d’affrontements qui ont secoué plusieurs villes, le gouvernement multiplie les annonces pour reprendre le contrôle. Le ministre de la Justice ouvre la voie à des gardes à vue plus longues, celui de la Ville et du Logement cible le portefeuille des délinquants et celui de l’Intérieur resserre le dispositif sur le terrain, notamment à Marseille.
Des outils judiciaires renforcés et un signal économique fort
Invité du 20 heures de TF1, le 19 octobre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé avoir adressé « une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée ». La requalification permet de faire passer les gardes à vue de 48 à 72 heures, d’autoriser les géolocalisations et les écoutes téléphoniques, et de recourir à la reconnaissance faciale en croisant les images des réseaux sociaux avec le fichier de traitement d’antécédents judiciaires.
Au total, 2 513 gardes à vue ont été recensées depuis samedi, selon lui, et près des deux tiers se poursuivaient lundi soir. Le même soir, 67 personnes étaient déjà incarcérées, un chiffre porté ensuite à 123.
Parallèlement, le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun a annoncé une circulaire commune avec Gérald Darmanin visant à réduire les aides sociales des pilleurs. « Casseurs, pilleurs, voleurs : les prestations sociales, c’est terminé ! Nous prenons une circulaire avec [Gérald Darmanin] pour que les délinquants se voient retirer de leurs prestations sociales l’équivalent des sommes issues de leurs trafics ou recel », a-t-il écrit sur X.
Les revenus tirés de la revente de biens volés seront intégrés au calcul du revenu de solidarité active, des allocations chômage, des aides au logement et des allocations familiales. La mesure, qui s’étend à d’autres formes d’économie souterraine, complète le futur projet de loi « casseur-payeur ».
Laurent Nuñez a promis un dispositif policier « très important » pour la mobilisation de samedi et justifié les couvre-feux. Un couvre-feu pour les mineurs, de 22 heures à 5 heures, s’applique de mardi à vendredi dans certaines zones de la ville et de communes des Bouches-du-Rhône. Ces mesures ciblées, déjà en vigueur dans d’autres agglomérations, doivent permettre de contenir de nouveaux débordements tout en affichant la fermeté de l’exécutif.