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France : l’«acte V» lycéen tourne aux affrontements à Paris, malgré des milliers d’interpellations

Le 13 octobre, l’«acte V» lycéen a donné lieu à de nouveaux affrontements à Paris : une voiture a été incendiée et un commerce pillé. Les syndicats revendiquent 480 000 manifestants en France. Dans le Sud, Le Figaro recense près de 1 000 interpellations liées aux violences, concernant principalement des mineurs.

La cinquième journée de mobilisation des lycéens a une nouvelle fois dégénéré dans les rues de Paris, le 13 octobre. Près des Invalides, des individus masqués ont lancé des pavés sur les policiers. Une voiture a pris feu et un magasin a été saccagé. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et un canon à eau pour disperser les groupes les plus violents.

Deux cortèges ont traversé Paris, où le ministère de l’Intérieur a recensé 41 500 manifestants. Dans toute la France, les autorités ont comptabilisé 161 500 participants, contre 480 000 revendiqués par les syndicats.

Dès le matin, des tensions avaient éclaté devant l’université Panthéon-Assas, dont les accès étaient bloqués par des étudiants. Les affrontements ont ensuite gagné le centre de Paris. Malgré les interventions policières, les manifestants dispersés revenaient une fois les gaz dissipés.

Près de 7 000 gardes à vue, des dégâts considérables

Les violences ne se limitent plus à la capitale. Dans le sud de la France, près de 1 000 personnes ont été interpellées dans le cadre du mouvement lycéen, rapporte Le Figaro. La grande majorité d’entre elles sont mineures. À Lyon, la manifestation du 13 octobre a dû être dispersée après des dégradations de commerces et des attaques contre les policiers.

Le bilan judiciaire national est plus lourd encore. Au 8 octobre, le ministère de la Justice recensait 6 877 placements en garde à vue depuis le début des troubles, dont 86 % concernaient des mineurs. Plus de 2 300 personnes faisaient déjà l’objet de poursuites judiciaires.

Les lycées paient également le prix des violences. En Île-de-France, plus de 110 établissements ont été endommagés depuis la mi-septembre. Les réparations sont estimées à 8,5 millions d’euros. Le ministère de l’Éducation nationale dénombre, quant à lui, 147 membres du personnel blessés.

Les violences policières alimentent à leur tour la contestation

Les méthodes des forces de l’ordre suscitent une colère grandissante. Le 13 octobre, 36 enquêtes avaient déjà été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des faits présumés commis depuis le début du mouvement.

Le 7 octobre, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, avait suspendu l’usage des grenades assourdissantes lors des manifestations lycéennes. Cette décision faisait suite au drame de Lens, où un adolescent de 15 ans avait perdu une main. Deux jours plus tard, l’ONU mettait en garde contre un « recours disproportionné à la force ».

Nuñez défend pourtant les interpellations. Devant l’Assemblée nationale, le 13 octobre, il a rappelé que la police devait intervenir lorsque des violences étaient commises. Les milliers de gardes à vue n’ont cependant pas mis fin à la mobilisation.

Le gouvernement tente également de répondre aux revendications scolaires. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a promis 3 000 professeurs remplaçants. Mais les organisations de jeunesse réclament toujours dix milliards d’euros supplémentaires pour l’enseignement public et la suppression de Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur.

Si le nombre de lycées bloqués a diminué, les organisateurs ne comptent pas abandonner leur mouvement. Ils appellent désormais à rejoindre les manifestations du 17 octobre contre la vie chère, espérant rallier d’autres catégories de la population.

À Paris, Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, a lancé : « Nous ne lâcherons rien et nous ne braderons rien. »