Au lendemain de son large succès à la primaire de la gauche non mélenchoniste, le leader de Place publique multiplie les ouvertures vers les figures historiques de la gauche sociale-démocrate, tout en clarifiant sa ligne : rupture nette avec Jean-Luc Mélenchon et mobilisation contre le Rassemblement national (RN).
« La bataille de France commence »
Le 11 octobre au soir, Raphaël Glucksmann a remporté dès le premier tour la primaire sociale-démocrate avec 66,17 % des suffrages, loin devant Olivier Faure (14 %). Dans la foulée, il a proclamé : « La démocratie a parlé et le résultat est sans appel. Je suis le candidat de la gauche démocratique. »
Sur les réseaux sociaux, les moqueries ont largement couvert cette victoire avec déjà quelques séquences un peu ridicules du candidat, visiblement très mal à l’aise, s’essayant à chanter la Marseillaise.
Les difficultés du candidat à s’exprimer sans susciter l’amusement rappellent les candidature Pécresse et Hidalgo en 2022 qui avait fini en catastrophes électorales et financières.
Dès l’annonce des résultats, sur France 2, la nouvelle tête d’affiche de la gauche a tendu la main à François Hollande : « Je lui dis qu’il est le bienvenu dans cette dynamique », estimant que l’élection de 2027 déciderait « de l’ensemble du destin du continent européen ».
Il a également tendu la main aux Écologistes, citant Yannick Jadot, qui comptait déjà parmi ses soutiens, comme un « meilleur leader » possible pour la transformation écologique. Il a en revanche rejeté définitivement tout rapprochement avec La France insoumise (LFI) : « C’est tranché, il n’y aura pas d’alliance. »
La secrétaire générale des Écologistes Marine Tondelier a pour sa part regretté le refus de Glucksmann d’être ouvert à des alliances sur sa gauche, estimant sur X qu’il a « fait le choix du repli en refusant toute perspective d’alliance large de toute la gauche et des écologistes ».
Raphaël Glucksmann a enfin affirmé que « Madame Le Pen ne sera pas à l’Élysée en mai 2027 » et déclaré : « La bataille de France commence ce soir », appelant ceux qu’il nomme « les républicains sincères » et ceux qui « résistent à l’injustice ».
Parmi les candidats défaits, Olivier Faure, également Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a salué « une majorité très claire » et appelé à forger « cet esprit de victoire ».
Ségolène Royal, « très déçue », a promis son soutien « pour celui qui a gagné », tandis que Jérôme Guedj a évoqué une « victoire nette », se félicitant du refus d’alliance avec LFI.
Enfariné à la sortie de sa soirée de victoire, Glucksmann a assuré qu’il était « prêt à affronter la violence de cette campagne ».
Avec la candidature de Raphaël Glucksmann, celles de Jean-Luc Mélenchon et de Fabien Roussel, la gauche a pour l’heure trois figures de proue, en attendant les décisions des autres personnalités qui ont annoncé leur intention de se lancer dans la bataille.