France

Mobilisation lycéenne : le ministre de l’Éducation tente de calmer le mouvement avec 3000 remplaçants et des recrutements

Face à la poursuite des blocages, le ministre de l’Éducation a annoncé le 8 octobre le déploiement de 3000 professeurs remplaçants dans les lycées les plus touchés et autorisé les recteurs à recruter davantage.

Invité du journal de 20 heures de TF1, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a détaillé les premières « mesures concrètes » attendues depuis le début de la contestation.

Grâce à un nouveau logiciel déployé cette rentrée, le ministère a identifié 114 lycées classés « rouges » et 400 « oranges », soit 514 établissements prioritaires. « On a 3 000 professeurs remplaçants qui actuellement ne sont pas devant l’élève. Dans les prochaines heures, ils vont rejoindre ces établissements », a-t-il affirmé.

Sur X, le ministre a précisé sa démarche : « Les lycéens attendent que le remplacement des professeurs absents soit assuré. Nous mobilisons des moyens concrets : plus de 3 000 professeurs remplaçants déployés très rapidement dans les lycées qui en ont le plus besoin. Plusieurs centaines de recrutements supplémentaires autorisés. »

Les affectations doivent être effectuées entre vendredi 9 et mardi 13 octobre.

Des centaines de milliers d’heures supplémentaires seront également utilisées dans le cadre du « pacte enseignant ».

Ces annonces surviennent le jour d’une mobilisation nationale qui a rassemblé 71 500 personnes jeudi 8 octobre selon le ministère de l’Intérieur, dont 24 500 à Paris. Le matin du vendredi 9 octobre, 141 établissements restaient fermés, soit moins de 4 % des lycées, un chiffre en léger recul par rapport à la veille, où 157 étaient bloqués.

Les organisations lycéennes et l’intersyndicale étudiante ont toutefois appelé à un « acte V » mardi 13 octobre. Sur le plateau de TF1, Sébastien Chenu, vice-président de l’Assemblée nationale et membre du Rassemblement national (RN), a critiqué un gouvernement qui aurait « cédé » en sortant le « carnet de chèques » sans avoir d’abord mis fin aux blocages. De son côté, le député de la Somme François Ruffin a estimé que le ministre se contentait de « bouche-trou sur des remplacements ».

Le coût de ces mesures d’urgence est estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros d’ici la fin de l’année. Les discussions avec les représentants lycéens se poursuivront lundi 12 octobre.