France

Des policiers se retournent contre Macron et le gouvernement

Face à la suspension des grenades assourdissantes et aux critiques sur le maintien de l’ordre, des syndicats de police demandent le droit de retrait. Ils s’en prennent à l’exécutif, alors que 18 enquêtes de l’IGPN restent, pour la plupart, sans aboutissement.

Après le drame de Lens, où un lycéen de 15 ans a perdu une main, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a suspendu l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre du mouvement lycéen. Cette décision a provoqué la colère des forces de l’ordre, qui se sentent désarmées face aux violences.

Axel Ronde, président national de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) Police, a immédiatement réagi sur X : « Nous proposons l’arrêt des opérations de maintien de l’ordre. Le droit de retrait, vu les risques d’être blessé sans pouvoir riposter. Au vu de la position du Syndicat des magistrats qui nous accusent de répression, nous demandons ce droit de retrait également. »

Sur BFMTV, il a ajouté que les policiers « ne sont pas les défouloirs de la République », face à plus de 800 blessés dans leurs rangs. Cette fronde vise directement le président français Emmanuel Macron et le gouvernement, accusés de céder aux pressions tout en laissant les agents exposés.

Marine Le Pen a renchéri en affirmant que le chef de l’État est « toujours du côté qui consiste à taper sur la police ».

Depuis le début de la mobilisation, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert 18 enquêtes sur d’éventuels excès, dont des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) et l’incident de Dunkerque, où un 4x4 de police a foncé vers des manifestants.

Toutefois, plusieurs de ces procédures n’ont abouti ni à des sanctions ni à des mises en examen concrètes, laissant un sentiment d’impunité ou d’inachèvement chez les parties.

Les syndicats dénoncent un cadre juridique qui les place en première ligne sans protection suffisante, alors que les consignes de « proportionnalité » exigées par Matignon compliquent encore leurs interventions.