France

Lecornu jette de l’huile sur le feu dans les lycées

Les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu sur l’éducation, jugées vides de mesures concrètes, attisent la colère lycéenne. Les syndicats et les élèves dénoncent une «stratégie du pourrissement» à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation.

Le 7 octobre au soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenté d’apaiser la révolte lycéenne lors d’une allocution depuis Matignon. Reconnaissant que « la colère des jeunes ne vient pas de nulle part », il a promis des décisions fin octobre et un « temps de démocratie interne » dans les établissements.

Mais aucune mesure d’urgence sur les moyens n’a été dévoilée, Lecornu renvoyant au budget de novembre, un dossier par ailleurs sensible pour le gouvernement.

Une « copie blanche » qui attise les tensions

La secrétaire générale du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU) Sophie Vénétitay a fustigé cette « copie blanche ».

« Sébastien Lecornu essaye clairement de gagner du temps […] c’est quelque part jouer le pourrissement », a-t-elle regretté sur franceinfo, pointant l’absence de signaux concrets comme le réemploi des contractuels ou l’annulation de suppressions de postes.

Les chefs d’établissement, via le Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN-Unsa), ont refusé d’organiser immédiatement ces temps d’échange, jugés « maladroits » et « hors sol ». Le Snes-FSU appelle par ailleurs à la poursuite de la mobilisation, notamment pour l’acte IV du 8 octobre.

Les oppositions de gauche ont abondé dans ce sens. Manuel Bompard, de La France insoumise (LFI), a tonné que Lecornu était « incapable d’annoncer une seule mesure concrète », tandis que Marine Tondelier a dénoncé une stratégie visant « l’essoufflement du mouvement » avant les vacances de Toussaint.

Ce 8 octobre, pour l’« acte IV » de la mobilisation, les lycéens et étudiants sont de nouveau dans la rue, soutenus par une intersyndicale (FSU, CGT, FO, Sud, Unsa) qui appelle à la grève. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 375 établissements connaissent une suspension totale ou partielle des cours, en baisse de 30 % par rapport à la veille, mais les organisations maintiennent la pression. « Rien ne nous arrêtera tant qu’il n’y aura pas 10 milliards d’euros sur la table », martèle l’Union syndicale lycéenne. Les rassemblements se multiplient, de Paris à Montpellier, dans un climat où les annonces de Matignon, loin d’éteindre le feu, semblent l’alimenter.